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Guy Weladji

présentation

{Artsper} Pourriez-vous vous présenter et introduire votre projet de la Manufacture 111 ?
{Guy Weladji} La manufacture 111 est un espace culturel hybride dédié à l’art urbain contemporain. C’est un vrai lieu de vie avec un espace d’exposition de 300 m2, un auditorium de 80 places avec une programmation de films et de spectacles vivants et pour finir un bar restaurant de 60 couverts. Mais la Manufacture 111, c’est aussi et surtout un lieu dédié à la Création et à la rencontre. La plupart des expositions que nous proposons au public sont le fruit d’un travail In situ. Toutes les œuvres doivent être créées sur place.


{Artsper} Existe-t-il d’autres disciplines qui côtoient celle du street-art au sein de la manufacture ?
{Guy Weladji} Oui, nous avons une programmation pluridisciplinaire, qui est construite autour de l’univers ou de la thématique abordée par les artistes exposés. Par exemple pour l’exposition « Calligraffi » qui est consacrée à l’écriture, nous avons invité deux calligraphes marocains (Larbi Cherkaoui et Nourredine Chater) pour une collaboration avec The Blind et Someone. La programmation des concerts va donc s’orienter ver le thème du moyen-orient, nos brunchs et afterworks aussi. Cette thématique va être déclinée à travers toutes les autres disciplines (musique, danse, théâtre, cinéma).

{Artsper} Que pensez de la situation du street art en France, du regard que les gens portent sur cette discipline et pensez-vous contribuer à améliorer son image avec l'ouverture de la manufacture 111?
{Guy Weladji} J’évolue dans le milieu de la street culture depuis une vingtaine d’années et j’ai l’impression de revivre avec le street art ce qu’il s’est passé pour la danse dans les années 90 lorsque les chorégraphes contemporains ont commencé à travailler avec des danseurs Hip hop. L’arrivé de danseurs hip hop dans les théâtres et son institutionnalisation à créé un vrai clivage dans le milieu, avec d’un côté les puristes qui ne voulaient pas être récupérés et intégrer une certaine dramaturgie dans leur show et ceux qui ont su tout de suite appréhender les exigences d’un plateau et d’une création chorégraphique. Aujourd’hui le street art entre dans les musées, dans les galeries et dans de grandes maisons de ventes et les collectionneurs s’intéressent à cet art.
Certains street artistes bénéficient aujourd’hui d’une très belle côte sur le marché de l’art. Je pense que ces deux milieux doivent coexister, tout artiste doit pouvoir vivre de son art et il est normal que l'aspect économique entre en jeu. Je pense que le mot le plus important pour un artiste est la liberté. Quoiqu’il arrive un artiste doit garder sa liberté de créer. Et l’argent, car c’est de cela qu’il s’agit, ne doit pas l’emporter sur sa liberté. C’est un équilibre qui est assez fragile à trouver. La Manufacture 111 a pour objectif de donner les moyens aux artistes de créer leurs œuvres librement, notre but principal est de diffuser les œuvres et non de les vendre, en ce sens, on se distingue des galeristes. Il est encore tôt pour dire si nous pouvons contribuer à améliorer l’image du street art. Je dirais que nous y aspirons.

{Artsper} Après son ouverture dans ce nouvel espace quels sont vos prochains projets pour la Manufacture 111 ?
{Guy Weladji} Nous avons beaucoup de projets en cours, chaque expo dure 3 mois, cela signifie que nous accueillons 4 résidences d’artistes chaque année et nous avons une programmation hebdomadaire de concerts, spectacles de danse et projections de films.
Mais nous travaillons aussi sur des projets hors les murs, comme l’expo « we art urban » dans l’ancien hôpital de Lagny sur marne. Nous sommes sur d’autres projets de ce type en région parisienne dans des lieux atypiques.

{Artsper} Quelle perspective d'évolution voyez-vous pour le street art dans la capitale française ? Et à l’international ?
{Guy Weladji} Le graffiti est arrivé en France dans les années 80, ceux qui l’ont vu naitre ont aujourd’hui entre trente-et-quarante ans. C’est un art qui leur est donc familier, je crois que chaque génération s’approprie la musique et l’art avec lequel elle a grandi. Comme dans la danse, nous avons des chorégraphes hip hop à la tête de Centres chorégraphiques Nationaux et des lieux dédiés à la culture hip hop commencent à émerger à Paris (La place) et à Lille. Je crois que dans les 10, 20 prochaines années, nous allons avoir des FRAC entièrement dédiés au street-art ou qui vont intégrer de plus en plus d’œuvres de street-artistes dans leurs collections et des street-artistes à la tête de ce type de centre. Tout cela va en définitive installer un genre et permettre à de plus en plus d’artistes d’avoir une vraie côte sur le marché de l’art. Vu le succès de toutes les expos dédiées aux street art, je pense que c’est la suite logique à ce qu’il se passe actuellement. A l’international, c’est plus compliqué, mais de toutes les façons, c’est un phénomène mondial avec des artistes comme Banksy, Shepard Fairey, OS Gemeos…

{Artsper} L'art urbain permet-il de réconcilier les gens avec l'art, parfois jugé comme étant un domaine élitiste ?
{Guy Weladji} La street culture en général et l’art urbain en particulier sont plus accessibles que l’art contemporain, même si finalement l’art urbain est-ce qu’il y a de plus contemporain dans l’art aujourd’hui. Et surtout, c’est un art qui nous est à tous familier, même dans les provinces les plus rurales on trouve du graffiti. Cela contribue beaucoup à son accessibilité auprès du grand public. L’art urbain peut être une passerelle pour d’autres formes d’art, en se sens, il peut réconcilier le public avec l’art.

{Artsper} Vous avez créé une école de hip hop, vous ouvrez maintenant un centre dédié à l'art urbain... Pourquoi trouvez-vous autant d'inspiration dans le milieu underground et alternatif ?
{Guy Weladji} J’ai co-fondé la juste debout school avec Bruce Ykanji en 2009, nous formons une centaine de danseurs hip-hop venus des 4 coins du monde. Disons que je suis quelqu’un de curieux et de touche-à-tout, ma passion pour la culture Hip hop et ma fibre entrepreneuriale m’ont permis de me lancer dans ce type de projets. C’est un défi à chaque fois car nous avons été les premiers à créer une école entièrement dédiée à la danse Hip Hop. Et aujourd’hui, un lieu comme la Manufacture 111 est complètement nouveau dans le paysage culturel français. En cas de succès, cela peut aussi donner des idées à d’autres personnes.

{Artsper} : Que pensez-vous de la relation de plus en plus proche entre l’art et internet ? Et d’un projet comme celui d’Artsper ?
{Guy Weladji} L’Internet est aujourd’hui dans notre quotidien, à travers les ordinateurs, les tablettes et surtout le portable, il a mis le monde à portée de tous. Tout va plus vite aujourd’hui avec les nouvelles technologies. Lier l’internet à l’art permet sans aucun doutes de démocratiser l’art et le rendre plus accessible. C’est assez intimidant de rentrer dans une galerie d’art pour un profane, c’est comme entrer dans un magasin de luxe, on se dit toujours qu’on a pas les moyens et que c’est réservé aux autres, à une certaine élite financière. Artsper permet de casser cette barrière, et on peut se rendre compte que souvent l’art est plus accessible qu’il n’y paraît. Même si on ne peut pas s’acheter un tableau de maître une petite sérigraphie reste accessible à tous. Artsper c’est un peu l’art pour tous.

{Artsper}: Quel est l’artiste toutes disciplines confondues avec lequel vous aimeriez passer 15 minutes?
{Guy Weladji} Je vais être prévisible, je dirais Basquiat. Mais ça ce n’est plus possible.

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