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Alexandre Devals

présentation

Alexandre Devals est le -très- jeune directeur de la Fondation Venet, ouvert en 2014, en hommage à l'artiste français Bernar Venet connu pour ses sculptures monumentales. Véritable musée à ciel ouvert entre Nice et Marseille, c'est un endroit quelque peu exclusif qui accueille des projets peu ordinaires, comme la chapelle de Frank Stella. Artsper est allé interroger cet ambitieux directeur pour découvrir les secret de ce lieu mystérieux.

{Artsper} Après avoir travaillé aux départements Art Contemporain d’Artcurial et AuctionArt – Rémy Le Fur, vous êtes aujourd’hui le directeur de la Fondation Venet ? Que souhaitez-vous y accomplir ?
{Alexandre Devals} Le lieu représente l’accomplissement de plus de 25 ans de travaux d’aménagement et de construction de la part de Diane et Bernar Venet et plus de 45 ans de collection faite d’échanges avec les artistes, c’est une des plus remarquables collections d’art minimal en France.
La vocation de la fondation est de préserver ce site, sa collection et de présenter les œuvres dans la meilleure configuration possible à l’image de ce que Donald Judd a envisagé pour Marfa aux Etats-Unis.
Notre ambition, avec la famille Venet est d’étoffer la collection, et à travers les expositions de développer l’identité de ce lieu.

{Artsper} Entre le sublime hôtel particulier d’Artcurial et le domaine somptueux du Muy, vous travaillez dans des lieux magiques. Pensez vous que l’art a besoin de tels écrins pour s’exprimer au mieux ?
{Alexandre Devals} L’on pourrait ajouter la galerie de la commanderie de Peyrassol dont j’assure les commissariats. C’est un endroit exceptionnel construit par Charles Berthier au cœur des vignes et du parc de sculptures de Peyrassol, où nous exposons cette année un accrochage réunissant Frank Stella, Bertrand Lavier, François Morellet, Jean-Pierre Raynaud, Claude Viallat, Robert Morris, Carl Andre, Jean Tinguely, Niki de Saint Phalle…
Les musées sont nos cathédrales, c’est notre manière de rendre hommage aux artistes.

{Artsper} Vous organisez jusqu’à fin septembre 2015 une exposition sur Jean Tinguely et ses dernières collaborations avec Yves Klein. Recherchiez-vous un contraste entre ses œuvres du « nouveau réalisme » et le minimalisme ambiant de la Fondation Venet ?
{Alexandre Devals} La collection comprend un certain nombre d’œuvres importantes du Nouveau Réalisme : d’Arman surtout, de César également, mais aussi de Christo, Yves Klein, Jacques Villeglé, Raymond Hains, et de Tinguely (le lion de Belfort, ainsi qu’un bougeoir offert par Tinguely à Bernar Venet pour son cinquantième anniversaire.). Les œuvres présentées notamment Relief Bleu (1977) et Dernière collaboration avec Yves Klein… (1988) ont été respectivement prêtées par le MAMAC de Nice et le Museum Tinguely de Bâle.
L’ambition est de montrer le travail de Jean Tinguely, peu montré en France ces dernières années, et qui a pourtant eu une influence évidente, revendiquée ou non, sur nombre de jeunes artistes internationaux, notamment à travers ses assemblages, ses machines absurdes et son goût pour la démesure. Il est vrai que l’association de Tinguely et Klein, aussi connue soit-elle peut paraître incongrue. Pourtant Klein est bien une figure majeure chez Tinguely, leur relation est continue est très fructueuse, nous nous sommes attachés à la retracer dans une chronologie croisée. Si l’on doit chercher un point commun, c’est Tinguely qui nous donne la réponse en pointant du doigt leur anarchisme.
L’espace de la Fondation Venet permet de montrer de grands gestes d’artistes, et nous n’avons pas vocation à organiser des rétrospectives. Beaucoup de musées le font très bien. Pour cela, il faudra se rendre l’année prochaine à Düsseldorf où le Kunstpalast exposera Jean Tinguely.

{Artsper} N’est-ce pas délicat de diriger un lieu ou chaque œuvre représente un défi technique?
{Alexandre Devals} Bien sûr, ce serait sans doute plus confortable de ne manipuler que des aquarelles de petit format, mais aussi moins excitant. Chaque artiste lorsqu’il développe sa technique finit par connaître son matériau sur le bout des doigts : Bernar Venet, l’acier corten, Donald Judd, l’acier anodisé, De Wain Valentine le polyester, Larry Bell le verre… Les techniques de manipulation, d’installation procèdent de la connaissance de l’œuvre. Lorsqu’il s’agit de manipuler les œuvres de Bernar Venet, nous maîtrisons le sujet, lorsqu’il s’agit des œuvres de Jean Tinguely, nous nous en remettons au Musée Tinguely et à ses équipes…
Lorsque j’envisage une exposition, je ne me préoccupe jamais des difficultés techniques, je préfère me mettre au service de l’œuvre et de l’artiste.
A la Fondation Venet, le défi le plus complexe que nous ayons eu à relever est sans doute la construction de la chapelle Stella, car il s’agissait d’une première. Jamais une architecture de Frank Stella n’avait été aboutie. Ce projet a pu voir le jour grâce à l’ingénieur qui a suivi le chantier, Pierre Bourrier, ainsi qu’aux différentes entreprises ayant participé au projet. Aujourd’hui, Stella en est tellement satisfait qu’il en prépare une variante pour sa rétrospective au Whitney Museum à l’automne 2015. Il a fait appel à tous les intervenants avec lesquels nous avons travaillé. Nous pouvons donc considérer que nous avons ouvert une porte à l’un des artistes majeurs du XXème siècle.

{Artsper} L’œuvre de Bernar Venet et sa collection personnelle sont protéiformes, elles comprennent la photographie, le mobilier, le dessin, la sculpture, le land art. Pensez-vous que toutes les formes artistiques puissent être commercialisée ?
{Alexandre Devals} Beaucoup de ces œuvres n’ont pas été réalisées pour être commercialisées, soit parce qu’elles étaient trop avant gardistes, n’avaient de marché, ou n’envisageaient pas d’en avoir. Lorsque On Kawara envoie ses cartes postales “I got up”, il ne cherche pas à produire des œuvres « vendables », il construit l’œuvre d’une vie.
La « force » du marché est de pouvoir établir une valeur à tout ce qui peut trouver un public, mais le marché de l’art n’est pas l’histoire de l’art. Des artistes importants historiquement se vendent à des prix très raisonnables tandis que d’autres plus anodins obtiennent des prix records. La seule question valable dans le marché est comme toujours celle de l’offre et de la demande.

{Artsper} Pensez-vous qu’il soit possible de vendre une sculpture monumentale sur un site internet ? Car s’il est vrai que ce sont des œuvres essentiellement spatiales, et s’apprécient physiquement, beaucoup de collectionneurs connaissent déjà l’émotion que suscite une œuvre de Bernar Venet et seraient sans doute prêts à l’acheter sans la voir.
{Alexandre Devals} C’est certain. Je connais beaucoup de marchands qui ont vendu ou de collectionneurs qui ont acheté des sculptures de Bernar Venet, Richard Serra, Tony Cragg, Yayoï Kusama, Sterling Ruby… sans les voir. Cela a même pu passer par le site internet de leurs marchands. Mais le rôle de la galerie n’est pas seulement une plateforme, ou une place de marché. Le rôle principal de la galerie est un rôle de promotion, d’accompagnement des artistes et de leur œuvre.

{Artsper} Artsper vend déjà plusieurs multiples de Bernar Venet ainsi que d’autres artistes de la collection Venet. Internet vous semble-t-il être un outil utile pour la commercialisation et la médiatisation des artistes ?
{Alexandre Devals} Evidemment, on ne peut plus aujourd’hui communiquer sans prendre internet en compte. C’est Maurizio Cattelan qui en rend le mieux compte en évoquant une horizontalisation de la hiérarchie traditionnelle. Aujourd’hui, internet offre de tels moyens de diffusion de l’information qu’une exposition réussie en province peut avoir plus d’impact qu’une exposition ratée au MoMA.

{Artsper} Que pensez-vous du projet d’Artsper ?
{Alexandre Devals} Il est intéressant, car il ne cherche pas à se substituer aux galeries, mais au contraire à leur offrir une plateforme de diffusion. On y trouve des œuvres intéressantes que j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir.


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