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GEOFFROY JOSSAUME

présentation

Après plusieurs années à la tête du Département d'art contemporain et urbain de la maison de vente PIASA, Geoffroy Jossaume a décidé de se consacrer entièrement à sa passion pour l'art urbain en ouvrant sa propre galerie à Nice: la galerie GCA expose parmi les meilleurs artistes de la scène urbaine française et européenne.Artsper a rencontré ce passionné de street art pour qu'il nous parle de son projet et de ses derniers coups de coeur.

Artsper : D’où vous vient votre passion pour l’art urbain ? Qu’est-ce qui vous attire particulièrement dans ce genre ?

Geoffroy Jossaume : Ma passion pour l’art urbain est venue grâce à différentes rencontres lors de mon ancien poste en tant que directeur du département d’art contemporain et d’art urbain chez PIASA, maison de ventes aux enchères parisienne. J’ai pu, lors de l’organisation de ventes, rencontrer plusieurs personnes du milieu de l’art urbain. Certaines rencontres ont été plus déterminantes que d’autres, notamment celles d’avec Mehdi Ben Cheikh, directeur de la galerie Itinerrance à Paris qui m’a montré sa façon de travailler, sa façon de voir les choses et de croire en cet art. C’est aussi chez Mehdi Ben Cheikh que j’ai rencontré artistiquement Inti, artiste Chilien représenté par la galerie itinerrance, pour qui j’ai eu un énorme coup de cœur. De fil en aiguille, j’ai rencontré de plus en plus de personnes gravitant autour de cet art, des artistes aux galeristes, aux commissaires-priseurs en passant par les courtiers, les collectionneurs et les éditeurs. Tous m’ont appris quelque chose.
Je trouve cet art très abordable intellectuellement et esthétiquement. C’est un art qui s’adresse au plus grand nombre. L’art urbain au sens large revêt de nombreux styles, de nombreuses thématiques et de nombreuses techniques. Certaines pièces vont toucher notre sensibilité au niveau esthétique, d’autres vont nous faire réfléchir sur des sujets de société, pendant que d’autres encore nous feront sourire de par leur côté ludique. Cet art évolue constamment et nous arrivons à voir des prouesses techniques en matière de réalisation.
Le marché sur lequel s’échangent les pièces d’art urbain est fort intéressant. Il est en perpétuelle évolution. Né relativement récemment à l’échelle d’une spécialité du marché de l’art, les prix et les pièces proposées ont beaucoup changé depuis ses débuts. Le graffiti vandale français et le graffiti historique américain ont largement participé à l’essor du marché de l’art urbain de manière globale, puis ont été un peu délaissés au profit du street-art. Les prix ont atteint des niveaux record chaque année et il semblerait que les pièces commencent à trouver une valeur plus stable. Les derniers résultats montrent un réel regain d’intérêt pour le graffiti old school américain. Ce marché est passionnant car rien n’est jamais acquis. L’offre, la demande et les résultats évoluent très rapidement, trop peut être….

Artsper : Vous avez plusieurs années d’expérience en tant que directeur du département d’art contemporain et urbain chez PIASA : en quoi est-ce un atout pour vous aujourd’hui ? Qu’est-ce qui vous a mené à vouloir ouvrir votre propre galerie ?

Geoffroy Jossaume : Mon expérience chez PIASA a été très bénéfique. Le fait de travailler en maison de ventes aux enchères, de manière générale, est une très bonne école au niveau de l’organisation. Il fallait savoir tout faire, savoir se débrouiller et trouver des solutions rapidement en cas de problèmes. On apprend une rigueur de travail indispensable au bon fonctionnement des ventes. Cette place d’intermédiaire entre acheteurs et vendeurs est très positive au niveau relationnel. Aujourd’hui « l’école ventes aux enchères » me sert quotidiennement. Je garde la même rigueur et la même précision, et mes relations avec mes clients sont toutes aussi courtoises.
L’idée d’ouvrir une galerie n’est pas du tout nouvelle. En finissant mes études en 1999, je voulais déjà ouvrir une galerie d’art contemporain. Le manque de maturité, de moyens et d’expérience ont fait que ça a pris un peu plus de temps que prévu. Tout simplement les choix professionnels qu’on fait à un certain moment nous emmènent parfois vers l’inconnu, et c’est pour le mieux. J’ai vraiment pris énormément de plaisir à travailler en vente publique, j’ai beaucoup appris et je me suis donné sans compter. J’ai l’impression de revivre un peu les mêmes choses avec l’ouverture de ma galerie. Je m’implique énormément dans chaque exposition que je monte, avec les artistes que je représente. Je travaille beaucoup et prend à nouveau beaucoup de plaisir à réaliser tout ça.

Artsper : La GCA Gallery expose des grands noms du street art tels que Blu, C215, ou Blek Le Rat, comment définiriez-vous la ligne artistique de votre galerie ? Le choix de vos expositions est-il dicté par vos gouts ou par le marché ?

Geoffroy Jossaume : Les œuvres que vous citez faisaient partie d’un accrochage présenté pour l’ouverture « officielle » de la galerie.
Aujourd’hui je fonctionne avec plusieurs principes. Il est difficile d’établir un ordre précis de critères de sélection mais disons qu’une des choses qui prime est évidemment le fait que la production d’un artiste me plaise. On ne peut pas vendre des choses que l’on n’aime pas.
Ensuite, ma relation avec l’artiste ou les artistes est aussi un critère très important. Je ne veux pas travailler avec des gens avec lesquels je ne m’entends pas professionnellement et humainement, indépendamment de la qualité de leur travail.
Ce sont donc principalement mes gouts qui dictent mes choix.

Artsper : Quel est pour vous le plus grand challenge d’une galerie spécialisée dans l’art urbain -dont les œuvres, par définition, prennent tout leur sens dans les rues ?

Geoffroy Jossaume : L’art urbain a beaucoup perdu de son côté vandale et il faut dire aussi que beaucoup d’artistes urbain travaillent en atelier. Il ne faut pas oublier que les artistes aussi ont des factures à payer. L’art urbain tel qu’on l’appelle aujourd’hui est tout simplement de l’art contemporain. Les artistes de ce milieu s’expriment aussi dans la rue mais sont quand même des artistes contemporains à part entière, qui travaillent en atelier et produisent des expositions.
Le challenge pour moi est de convaincre une clientèle azuréenne de collectionner ce que je présente dans ma galerie. Il n’y a pas vraiment de galerie semblable dans la région et peut être que la clientèle collectionneuse est habituée à d’autres types d’expositions.

Artsper : Vous consacrez actuellement une exposition au street artist italien ETNIK, déjà présent lors de votre exposition « Made in Italy » en 2014 : qu’est-ce qui vous a donné envie de pousser plus loin votre travail avec cet artiste ?

Geoffroy Jossaume : La qualité de son travail tout simplement. J’ai évidemment besoin de vendre des pièces pour faire vivre la galerie mais à la fin de Made in Italy, je regrettais d’avoir vendu la dernière pièce disponible d’Etnik et de ne pas l’avoir acheté à titre personnel. L’univers d’Etnik fait rêver et nous transporte dans ses villes abstraites et flottantes. Habitué à réaliser des grandes fresques murales extérieures à travers le monde, sa technique est assez intéressante car quand il travaille en extérieur il utilise la bombe aérosol alors qu’il n’utilise que des pinceaux avec de l’acrylique et de l’encre sur ses pièces d’atelier. Le contraste entre le coté léché, détaillé et précis du dessin par rapport aux supports utilisés et aux éclaboussures de peinture rend ses pièces très esthétiques.
De plus, Etnik en tant que personne est quelqu’un avec qui il est facile et simple de travailler. Les choses sont claires, il est très sympathique, toujours de bonne humeur, communicant, respectueux du travail des autres, ouvert, intelligent. Bref, c’est un réel plaisir de collaborer avec lui.

Artsper : Entre cette exposition et celle de 2014, vous semblez vous tourner résolument vers la scène urbaine italienne : le street art y est-il particulièrement dynamique ? Si vous deviez citer 5 street artists italien, lesquels choisiriez-vous ?

Geoffroy Jossaume : Je ne me tourne pas résolument vers la scène italienne, c’est juste que la jeunesse de la galerie ne m’a pas encore permis, pour des questions de temps, de vous montrer un éventail très large. Ceci dit, la scène urbaine italienne est très intéressante et dynamique, particulièrement à Turin. L’exposition de 2014 m’a permis de rencontrer de grands artistes italiens, dont le travail me plait. J’expose aussi des artistes français (ARDPG, C215, STEW, KOUKA, RETRO, FENX…). Il n’y pas de frontières dans l’art.
Il est possible que dans un avenir plus ou moins proche je travaille à nouveau avec des artistes italiens….
Il est très difficile de faire un top5 des artistes italiens mais j’aime particulièrement le travail d’Etnik évidemment, des Orticanoodles, de Moneyless, Pixel-Pancho et BR1. Je pourrais continuer en citant Blu et d’autres encore mais je ne respecterai pas votre top 5…

Artsper : A titre personnel, collectionnez-vous de l’art urbain ? Qui sont vos artistes fétiches ?

Geoffroy Jossaume : Oui je collectionne l’art urbain. Mes « fétiches » sont trop nombreux et je ne peux malheureusement acheter que très peu, faute de moyens. C’est assez frustrant d’être constamment entouré d’œuvres sans les posséder..
Je peux dire qu’un de mes artistes préférés est INTI. J’apprécie particulièrement aussi le travail de C215, Seth, Ludo. J’adorerai posséder une œuvre d’Etnik et vais faire en sorte que ça se fasse. Le génie de Dran me touche beaucoup, l’univers de Natalia Rak et des Etam Cru me fait rêver, j’adore les pochoirs de Logan Hicks, j’aime beaucoup les compositions de Maya Hayuk, je trouve le travail d’Invader très en phase avec notre société et apprécie aussi Gilbert1. Le travail du jeune Maye m’a récemment interpellé. Si seulement je pouvais avoir au moins une pièce de chacun de ces artistes…..Il y a énormément d’artistes talentueux.

Artsper : Que pensez-vous de la place croissante d’internet sur le marché de l’art : est-ce que les oeuvres street art se prêtent à la vente en ligne?

Geoffroy Jossaume : Les œuvres de street-art ne se prêtent pas plus ou moins que d’autres à la vente en ligne. Certes elles sont plus promulguées que d’autres à travers les réseaux sociaux mais la place croissante d’internet sur le marché de l’art est générale. Les grosses maisons de ventes internationales ont enclenché le pas sur toutes les spécialités et ce avec un grand succès depuis quelques années.

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