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Mark Dedrie

Belgium Born in: 1962
Translation in progress

Mark Dedrie, artiste en mouvement
Robin d’Arcy Shillcock

De prime abord, l’attention du spectateur étudiant les sculptures de Mark Dedrie (1962) est attirée par l’aspect lisse et la stylisation poussée de celles-ci. En effet, malgré le fait que chez Dedrie, la couleur cède le pas à la forme, son approche n’est pas à proprement parler classique. Il s’agit plutôt ici de la transfiguration d’un monde de couleur et d’action en un univers de présences, de volumes et de lignes pures, et il parvient à évoquer la légèreté à l’aide d’un matériau lourd: le bronze. Il en résulte des sculptures visuellement attrayantes et agréables au toucher. Ils ne sont guère nombreux les sculpteurs capables de capter effectivement le style et l’allure des animaux, et encore moins d’atteindre le raffinement de Mark Dedrie. Le résultat sont des sculptures fines et sensuelles, traduisant avec grâce le style des canards et autres échassiers.

Très sincèrement, je ne puis en citer que quelques-uns. François Pompon (France 1855-1933), réalisa les marbres de Rodin, avant de s'affirmer comme l’un des sculpteurs animaliers les plus importants de son temps. Son œuvre suscita le courant que je qualifierais de ‘Mouvement de la Forme’, en réaction aux travaux des Animaliers anecdotiques tels que Barye et Fremiet qui s'intéressaient surtout à la Lutte des Titans; Gorille enlevant la belle innocente (thème de ‘La Belle et la Bête’ et plus tard King Kong), Léopard en lutte avec le serpent etc. Je citerai ensuite Adrian Sorrel (Angleterre, 1932) et Claude Lhoste (France, 1929) qui recherchent le même niveau de fluidité et de perfection que Dedrie.

Le champ d'action de Lhoste s'étend à une série de sujets plus vaste, ce qui s'explique par sa longue expérience. Dans le catalogue de l’exposition annuelle Birds in Art, (Les oiseaux dans l'art) qui est organisée depuis 25 ans au Musée d'art Leigh Yawkey Woodson Art à Wausau (USA), je découvre quelques artistes dont l’œuvre est comparable à celle de Mark Dedrie : Emily Parlman (USA,1927), Burt Brent (USA, 1938), chirurgien plastique dont les sculptures portent l’empreinte de son activité professionnelle, Charles Almond (USA, 1938), Geoffrey Dashwood (UK, 1947) et Ross Matteson (USA, 1957). Ce dernier est le plus proche de Dedrie, mais plus dur et distant dans la représentation des oiseaux. En fait, la sensualité de Dedrie se rapproche plus de celle des sculpteurs sur bois, tels que Hank Tyler (USA 1944) et le Néerlandais Jaap Deelder (1952), qui polissent leurs sculptures en les enduisant d’huile, rendant ainsi visible la nervure du bois.

Les artistes de qualité ne nous tombent pas du ciel. Ainsi Dedrie, lui aussi, est le produit d'impressions, d'influences et de courants variés. Certains d'entre eux ne sont pratiquement plus décelables, alors que d'autres se laissent uniquement deviner. Dedrie subit certainement les influences de ses années d’apprentissage, à l’époque où il était couleur de bronze – son métier de base. Nous avons donc affaire à un autodidacte qui cherche à transmettre sa vision et son émotion au spectateur, grâce à son savoir-faire et à sa connaissance parfaite des moyens techniques disponibles, mais aussi par son empathie avec les oiseaux.

Les Oiseaux

L’oiseau est symbole de liberté, déclare Mark Dedrie, mais paradoxalement toute forme de symbolisme disparaît peu à peu de son œuvre. Ses figures humaines, symboliques et androgynes, cèdent la place à des oiseaux et des animaux reconnaissables, certes, mais qui requièrent la quête d'un sens plus profond. Et pourtant, malgré une certaine connaissance du monde des oiseaux, celui-ci reste mystérieux et insaisissable aux yeux de l’homme du 21ième siècle, tout en restant le messager d’une signification symbolique. De toutes les créatures du monde animal les oiseaux se rapprochent les plus des anges! Mark Dedrie regarde les oiseaux avec empathie, même s’il transcende ce regard. Il observe l'oiseau vivant aussi bien que le spécimen empaillé. Il étudie leur silhouette, leurs attitudes.

Il fait appel à la photographie pour tenter de pénétrer dans leur monde et se laisse bercer par ses rêves et ses phantasmes. Avant même qu'il n’entame son travail, les différentes couches de ses yeux et de son cerveau filtrent et interprètent toutes les caractéristiques plastiques propres au canard mandarin ou au courlis. Il conçoit les sculptures en cire ou plastiline grandeur nature et en utilisant ses mains et ses doigts comme dans un acte d'amour.

Chaque nouvelle sculpture procède d’une gestation douloureuse, alors qu'il s'efforce de capter ce qui rend ces créatures si inaccessibles: leur pureté et leur légèreté. Il croit que c'est en simplifiant ses sujets qu'il réussira le mieux à transmettre leur état d'esprit. Car les oiseaux eux-mêmes ne collaborent pas. Bien sûr, chaque espèce présente une silhouette typique qui permet de reconnaître le 'hibou' ou la 'corneille'. Pourtant un oiseau est bien plus que cela - il y a aussi la personnalité, l'attitude particulière et le comportement caractéristique. En outre, les parties protubérantes, telles que les pattes et le bec, posent un problème de transposition, de recréation sur le plan technique et artistique et risquent même de rompre l'unité de la sculpture. Malgré ces transpositions, l’on identifie aisément le courlis, le mandarin, le petit hibou, le gracieux martin-pêcheur. Et le cygne si fascinant.

Il émane de ce cygne une présence saisissante. L’homme qui décida d’acquérir la sculpture de grande taille ‘Crescendo’, pendant que Mark et moi-même déambulions dans la galerie, ne se lassera pas de sitôt d’admirer cette œuvre. Celle-ci est un vrai Dedrie, et pourtant elle est différente: exubérante, majestueuse, un tour de force, créé dans le but d'impressionner. A en croire les saga islandaises les cygnes migraient vers la lune après la couvaison; c’est exactement ce que Dedrie a réussi à capter, la qualité magique, quasi lunaire du cygne. Il traduit l’anatomie du cygne de façon personnelle, tout en s’écartant de la réalité morphologique des ailes, ceci peut-être afin d’éviter une pose trop héraldique.

En suggérant le ‘mouvement’ des ailes, il semble bien que le sculpteur ait été inspiré par des phographies d'oiseaux en plein vol, leurs ailes estompées et floues. Tenter de suggérer le mouvement dans un bronze présente souvent un problème difficile à résoudre. Dedrie l'aborde par ce que nous pourrions appeler un angle moderne, utilisant tous les moyens actuellement à notre disposition. Le profil des ailes dépasse l'exactitude anatomique: elles semblent gonfler et capter l’air comme si, à chaque instant, elles pourraient emporter l'oiseau à travers l'espace tridimensionnel.

L’on découvre ici des concordances avec l’approche de Lhoste, notamment son Pélican en marbre de 1966 et son Oiseau en bronze de 1988. Du fait que l’œil humain ne capte pas parfaitement ce mouvement, l’artiste peut faire appel à de nouvelles possibilités sculpturales. D’une manière très simple, semble-t-il, ces deux artistes nous donnent une impression ou, plus fort même, une évocation imaginaire de ces créatures énigmatiques, évoluant à la périphérie de notre monde, essayant toujours d'échapper à notre attention.
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