Il Maestro

Lyon | Du 12 mars 2016 Au 7 mai 2016

Galerie Vrais Reves

Galerie Vrais Reves

LYON - France

Présentation

L’œuvre d’un maître

(…) ici comme ailleurs, Vasco Ascolini recouvre d’une nuit photogénique tous les détails qui viendraient troubler sa perception de l’essentiel. Il institut le regard photographique comme une procédure d’abstraction qui impose sa résistance à la profusion du visible.

En suivant ce principe de réduction, l’œuvre s’est enrichie par la confection d’une muséographie singulière. Pour le photographe, la visite au musée est une révision, une occasion de redistribuer la lumière ambiante pour ne retenir des œuvres exposées que la tournure que son imagination leur prête. Il partitionne la lumière des espaces de conservation jusqu’à effacer la pétrification des statues qui semblent alors converser, s’aimer, se menacer ou s’invectiver. Des cadrages insolites associés à une savante maîtrise de l’éclairage ravivent de signes expressifs la langue morte des antiques, réincarnent les plâtres, les bronzes et la pierre immobiles. Une photographie prise au musée d’Orsay développe cette impression à la manière d’un flagrant délit : dans une salle à peine éclairée par une baie vitrée donnant sur la rue, une statue entoure de ses bras une cruche comme si elle voulait la protéger du regard espion d’un passant qui glisse sa tête entre les grilles.

Sous le regard du Maestro, les musées semblent voués à la métamorphose. Dans le grand escalier du Palazzo Ducale de Mantoue la pose semble avoir surpris une représentation théâtrale : le bouchage des ombres, délivrant un groupe de statues de leur blancheur de pierre, découvre une scène de menaces et de supplications. Au Palazzo Canossa de la même ville, un ange extirpé de son sommeil de marbre par un rayon de soleil se trouve dans la situation d’interpeller en voisin une autre statue qui lui fait vis-à-vis. Mais, le culte du contrejour n’est pas qu’un opérateur d’illusions, il est avant tout un principe d’apparition de l’image que l’artiste désirait en secret. C’est lui qui, à Sant’Andrea de Mantoue, laisse deviner, dans une épreuve audacieusement noire, la forme d’un bénitier à partir d’un infime rayon de lumière sur le contour de son socle et de sa vasque. Le contrejour est une pratique d’admiration.

Vasco Ascolini n’a fait qu’œuvrer pour le resplendissement de la photographie et pour son renouveau. C’est à la photographie qu’il rend hommage à travers une vision qu’il réalise au Palazzo Masdoni, dans sa ville de Reggio Emilia. Dans une antichambre très sombre de ce palais, une ouverture murale découpée comme une fenêtre donne sur un couloir un peu plus clair au fond duquel est suspendu un miroir qui ne réfléchit rien d’autre que la pleine obscurité du lieu d’où il est photographié. Ce double contrejour est à lui seul une métaphore de la photographie et plus particulièrement de la visibilité qu’elle déploie tout au long de son œuvre.

L’invention d’un régime de visibilité est le signe distinctif par quoi un photographe se fait reconnaître comme maître. Si certains ont perçu une profondeur métaphysique dans les photographies de Vasco Ascolini, c’est par leur pouvoir d’isoler une forme architecturale, sculpturale ou humaine au sortir de la nuit, et de leur conférer ainsi une allure essentielle. La ligne d’une colonne, la contorsion d’un visage ou la courbure d’un buste de plâtre évoluent comme des signes lumineux dans les ténèbres, profilant de façon superbe, insolite et merveilleuse, une brèche entre l’être et le néant.

- Robert Pujade

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Adresse

    Détails

  • 6 Rue Dumenge
    69004, LYON
    France
    +33 6 08 06 94 34 ou +33 6 84 70 57 36

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Vasco Ascolini, Paris, Musée des Armées, Photographie

Vasco Ascolini

Paris, Musée des Armées, 1989
26 x 23 x 1 cm
Photographie

2 200 €

Vasco Ascolini

Italie

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