Ren Hang

Du 24 octobre au 21 décembre 2014

Galerie Nicolas Hugo

Galerie Nicolas Hugo

Paris - France

Présentation

Originaire d’une province située dans le Nord-Est de la Chine – le Jilin – Ren Hang est né en 1987 à Changchun.

Les photographies de Ren Hang qui abordent notamment la sexualité, un sujet encore tabou dans son pays, font indéniablement de l’artiste le plus grand phénomène que la scène contemporaine chinoise ait vu naître ces cinq dernières années. Le British Journal of Photography l’a d’ailleurs classé en janvier dernier parmi les 25 photographes à suivre en 2014.

En Chine, il n’est pas rare de rencontrer de jeunes homosexuels vivant une double vie pour échapper à la pression de la filiation, encore considérée aujourd’hui par les familles chinoises comme un fondement de la société. Ren Hang, lui, vit comme il l’entend, en particulier depuis le jour, où, en 2006 il déménage de sa province natale, le Jilin, pour venir habiter à Pékin et intégrer la prestigieuse université de communication
Chuanmeidaxue. La capitale chinoise lui ouvre alors de nouveaux horizons. Il y découvre une jeunesse, qui comme lui aspire à de plus grandes libertés et cherche à s’affranchir du lourd poids des traditions, notamment à travers un mode de vie bien différent de celui de ses aînés. Ennuyé par ses études de publicité, Ren Hang abandonne l’université au bout d’un an et trouve dans la pratique de la photographie un exutoire excitant.
Il commence alors à photographier ses amis et très vite se profile chez le jeune artiste un goût prononcé pour les corps dénudés. Il navigue, comme son prénom l’évoque ‘hang’ (qui signifie bateau), entre une scène artistique pékinoise où sa singularité le fait très rapidement devenir un phénomène de la photographie, et une réalité familiale où son travail, malgré ses nombreuses expositions, n’a jamais été évoqué. Seule sa mère – qui auparavant n’avait jamais osé questionner son fils sur son travail – lèvera un jour de mars 2014 le voile du tabou familial en lui proposant de la prendre en photo.

La force évocatrice et poétique de ces corps entrelacés peut apparaître pour certains comme une provocation. Pourtant Ren Hang affirme ne pas faire de politique. Il fait partie de cette génération post-1989 ayant grandi dans une société traumatisée où le gouvernement chinois a tout mis en place pour qu’elle n’ait pas conscience de ses droits.

Ainsi, il semblerait plutôt que le travail de Ren Hang résulte d’un besoin vital de mettre en scène les possibilités artistiques infinies qu’évoque le corps de l’homme. «Le sens politique de mes photos vient après», déclare-t-il lors de son interview dans Libération en janvier dernier. Son travail, reflet d’une sexualité libérée, vaut à Ren Hang d’être par moment victime de la censure de la police chinoise. En effet, celle-ci a à plusieurs
reprises interrompu ses expositions pour venir décrocher les photographies les plus crues.

Ren Hang bien que ne revendiquant aucune inspiration – mis à part les artistes japonais Nobuyoshi Araki et Shuji Terayama – semble malgré tout à travers son oeuvre faire écho au travail de ses prédécesseurs réunis au sein de communautés artistiques des années 90 comme celle du Beijing East Village qui compta des grands noms du réalisme cynique comme Zhang Huan, Ma Liuming, ou Rong Rong. Chez ces derniers le corps et la sexualité étaient déjà au centre de leur questionnement et reflétaient clairement une jeunesse chinoise en quête de reconnaissance et de liberté. Certains ont d’ailleurs très rapidement su déceler le talent du jeune photographe autodidacte : Ai Weiwei fut l’un des premiers à exposer Ren Hang à l’étranger lors de son exposition Fuck Off 2 en 2011 au Groninger Museum et Rong Rong a déjà exposé à deux reprises le travail de Ren Hang dans sa galerie de Caochangdi à Pékin, Three Shadows Art Gallery. Il y a cependant dans le travail de Ren Hang un rapport au corps qui est différent de celui de ces illustres aînés. Dans les années 90 la nudité était bien souvent utilisée par les artistes performeurs comme un médium capable plus qu’autre chose d’entrer en contact directement avec la société tout en affirmant pour l’artiste sa propre identité.

Chez Ren Hang les corps mis en scène semblent désincarnés. Ces femmes et hommes androgynes apparaissent souvent comme dénués d’identité propre. Ces visages sans expression laissent apparaître des corps qui ressemblent parfois à s’y méprendre à de simples bouts de viande. Une sorte de cruauté mélangée à de la poésie émane de ces tableaux morbides dominés par de petites tâches de rouge – couleur de l’idéal communiste - à travers le rouge à lèvres vif que portent systématiquement ses modèles. Alors que les artistes de la scène contemporaine chinoise se sont longtemps principalement intéressés aux questions et revendications relatives à l’individu, on constate dans le travail de Ren Hang une forme de retour à l’idée du collectif.

Lucie Rego, co-curator de l’exposition

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    75006, Paris
    France

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