BERNARD MAGREZ

Président Fondation Bernard Magrez

{1} Pourriez-vous nous présenter votre parcours ?

A l’âge de 13 ans, j’ai dû arrêter l’école et mon père m’a envoyé faire un CAP de scieur de bois à Luchon (Pyrénées). J’avais comme copain de chambrée François Pinault. Dès mes 16 ans, j’ai commencé à acheter des journaux d’art et je découpais tout ce qui concernait Van Gogh. J’ai toujours été fasciné par l’autoportrait à l’oreille bandée. A 20 ans, ayant monté ma première affaire, j’ai pu commencer une collection et la première pièce que j’ai acquise était un faux ! Je la possède encore, c’était un taureau car j’étais passionné par la corrida.

{2} Comment est né votre envie de créer un fond d’art contemporain ?

J’ai commencé ma collection par des bronzes animaliers du XIXe, par la suite, j’ai été attirée par la peinture flamande du XVIIIe, en particulier des natures mortes. Plus tard, ma rencontre avec Bernard Buffet, en 1993, a changé mon regard. C’est à partir de ce moment-là que j’ai constitué une collection d’art contemporain.

{3} L’Institut Culturel Bernard Magrez s’inscrit au cœur d’un territoire chargé d’histoire en se déployant sur quatre prestigieuses propriétés dans la région de Bordeaux. Vous travaillez donc dans des lieux magiques. Pensez-vous que l’art ait besoin de tels écrins pour s’exprimer au mieux ?

La confrontation entre l’art contemporain et l’ancien m’a toujours beaucoup intéressé. J’aime aujourd’hui le rapport qu’entretiennent les expositions Baccarat et Graffiti Art.

{4} Jusqu’au 27 septembre 2016, votre exposition Baccarat, cristal de légende côtoie l’exposition Graffiti Art. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces deux expositions ?

L’exposition Baccarat est une manière de rendre hommage au savoir-faire et au savoir-vivre à la Française. J’aime ces trésors patrimoniaux exposés. On trouve, au milieu de la magnifique scénographie signée Vincent Dupont-Rougier, des pièces du 19e siècle par exemple.

Graffiti Art montre la très riche collection de graffiti sur toile d’Alain-dominique Gallizia. Elle prouve qu’il s’agit bel et bien d’un véritable mouvement d’art contemporain avec des artistes tels que Rammelzee, Toxic, T.Kid, JonOne…


{5} Un bon nombre d’artistes ont déjà pu bénéficier de votre généreux soutien, pouvez-vous nous parler un peu plus d’eux ? Comment les choisissez-vous? Lequel vous a le plus marqué ?

Il s’agit principalement de rencontres avec un art ou un artiste. Nous avons eu en résidence, par exemple, Elsa Guillaume et Mathilde Denize en 2014. En 2015, c’était Charles Foussard et Tomas Lacque, deux artistes très différents que j’affectionne tout particulièrement, l’un est peintre et l’autre est plasticien. En 2016, nous accueillons les deux lauréates du Grand Prix que j’ai lancé cette année : Amandine Pierné et Ann Cantat Corsini. Elles proposeront des expositions en fin de résidence à l’Institut.

Ces artistes m’ont tous marqué de manière différente. J’ai eu beaucoup de chance dans ma vie, aujourd’hui c’est à mon tour de la rendre. C’est pourquoi je promeus des jeunes artistes qui ont du talent, je leur donne du temps et des moyens pour accompagner leurs projets en soutenant efficacement la production d’œuvres originales.

{6} Quel conseil donneriez-vous à une personne qui souhaite débuter une collection d’art contemporain ?

L’entreprendre avec passion !

{7} Que pensez-vous de l’art en ligne et de projets comme Artsper qui permettent une diffusion plus large de l’art contemporain?

Ce sont de très belles initiatives et nous avons besoin de jeunes qui n’hésitent pas à se lancer. Si je devais choisir 10 œuvres sur le site, je choisirais Basquiat de Jef Aérosol, Visage de femme de Benjamin Carbonne, Operenccia de Victor Vasarely, Panthère noire de Orlinski, Number one de Jonone, Sans titre de Sam Francis, Looking for Beatrice ref 2008 de Guy Denning, Mon lapin de Robert Combas, T 250 de Lucile Callegari et Naked Portrait 1 de Sun Hyuk Kim.

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JonOne, Number One, Peinture

JonOne

Number One, 2016
99 x 89 x 6 cm
Peinture

Vendu

Victor Vasarely, Operenccia, Peinture

Victor Vasarely

Operenccia, 1986
101.6 x 167.6 x 2.5 cm
Peinture

295 757 €

Victor Vasarely

Hongrie

JonOne

Etats-Unis