Pierre Cornette de Saint Cyr

Célèbre commissaire-priseur

L'équipe d'Artsper a eu la chance de rencontrer Pierre Cornette de Saint Cyr, célèbre commissaire-priseur. Retrouvez ici son interview et découvrez sa sélection.

{Artsper} Cornette de Saint Cyr fait parti des meilleures maisons pour l’art contemporain en France. Comment arrivez vous à vous maintenir face à un marché toujours plus compétitif ?

Comme dans tous les milieux, la seule façon de rester compétitif, c’est de vivre avec son temps. Il faut toujours être à l’affut des nouveautés : nouveaux mediums (art numérique, jeu vidéo, street art), nouveaux artistes, nouvelles techniques de vente. Beaucoup de maisons se sont braquées après les réformes sur le statut du commissaire priseur et sur l’ouverture du marché français en 2000. Je pense que pour rester en bonne position dans un marché toujours plus globalisé et concurrentiel, il faut savoir s’adapter en toute circonstance.

{A} Votre maison va t’elle s’exporter à l’international ?

Pas d’ouverture de succursale prévue pour l’instant, mais surtout des ventes au coup par coup à l'étranger, en Belgique par exemple.

{A} Les ventes en enchères en ligne sont elles devenues des concurrents pour votre milieu ?

Absolument pas ! Je pense justement que ces nouveaux sites de ventes aux enchères en ligne créent une sorte d’émulation pour notre profession, et ouvre le marché de l’art aux non initiés, ce qui est toujours une bonne chose. A l’heure de la suprématie d’internet, on ne pouvait que prédire l’ouverture de ces nouvelles plateformes. Plutôt que de concurrence, on peut parler d’une belle complémentarité, d’une dynamique nouvelle et salvatrice.

{A} Quel avenir pour l’art contemporain en France ? Comment replacer Paris au cœur du système ?

Je ne suis pas défaitiste quand à l’avenir de la France dans le marché de l’art. Effectivement, le grand âge d’or de Paris est bel et bien révolu. Néanmoins, je ne crois pas qu’une place impose son hégémonie plus qu’une autre. Entre New-York, Londres, et les mégalopoles asiatiques, chacun possède ses spécialités. Nous sommes entrés dans une ère où plusieurs pôles tiennent le marché. Il y a encore des cartes à jouer pour Paris, qui reste une vitrine historique pour le marché de l’art. Pourtant, je pense que les codes du marché français sont dépassés, et que la plupart des acteurs refusent d’embrasser la modernité. En misant plus sur l’événementiel et en assouplissant la fiscalité et la législation, la France peut réussir à se maintenir.

{A} L’événement qui vous a le plus touché en 2014?

De très loin la rétrospective de Bill Viola au Grand Palais.

{A} Que pensez vous du projet Artsper ?

Comme je vous l’ai dit et répété tout au long de cette interview, il faut vivre avec son temps. Votre plateforme est la preuve concrète que le marché est entrain de changer de visages, que les collectionneurs changent de profil. Il faut faire bouger les lignes, accepter le changement, et surtout, que l’art ne soit plus réservé à une élite, et sorte de son cadre ! Au final, une très belle initiative !

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Li Wei, Bright Apex - 75-04, Photographie

Li Wei

Bright Apex - 75-04, 2007
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Photographie

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Li Wei, Li Wei falls to the car, Photographie

Li Wei

Li Wei falls to the car, 2003
100 x 100 x 1 cm
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Li Wei

Chine