SERGE BENINCA

Directeur de ART3F

C'est en décembre 2012 que Serge Beninca ouvre la première édition du salon d'art contemporain ART3F à Mulhouse. Fort d'un engouement inattendu, le concept a ensuite tourné dans plusieurs villes de province avant d'arriver enfin à Paris cette année. Artsper a voulu rencontrer le directeur de cette foire montante pour connaître la recette de son succès.

{Artsper} : Quel est le concept d’ART3F, et qu’est-ce qui fait sa spécificité ?
{Serge Beninca} : Art3f, c'est d'abord la mixité, puisqu'on présente à la fois des artistes et des galeries, cohabitant dans le même espace d'exposition. Tous sont sélectionnés par le comité art3f constitué de 2 galeristes, 2 artistes et 2 collectionneurs. Pour notre édition parisienne, une zone sera réservée aux galeries et une autre sera mixte, mêlant artistes et galeries. Le concept art3f, c'est aussi des salons plus vivants, nous mettons par exemple à la disposition des enfants une zone happening pour donner libre cours à leur créativité, un espace de restauration avec sa terrasse et son bar à vins est ouvert tout au long du salon dans une ambiance jazzy, la soirée de vernissage est très animée avec un groupe de musique, des performances live etc.
art3f, c'est aussi un lieu de rencontres et d'échanges. Nous voulons des salons d'art vivants, animés, chaleureux, avec une véritable ambiance décontractée.

{Artsper} : Quelles sont les tendances des foires d’art contemporain que vous souhaitiez éviter avec ART3F ?
{Serge Beninca} : Ce qu'on souhaite éviter à tout prix, ce sont les foires de mauvaise qualité, où on accepte n'importe qui sans comité de sélection. Nous voulons éviter aussi les foires trop impersonnelles, c'est pour cela que nous limitons volontairement le nombre d'exposants. Il faut que le visiteur et l'acheteur puissent se sentir à l'aise., nous voulons des salons de qualité, bien tenus, avec des allées larges, des espaces d'exposition permettant une bonne lisibilité des œuvres, tout en proposant à nos visiteurs et à nos exposants un moment agréable et convivial. Sur l'un de nos derniers salons, une visiteuse nous a confié ne pas oser entrer dans des galeries, mais se sentir à l'aise chez nous. C'est exactement ce à quoi nous aspirons.

{Artsper} : Quelle est pour vous la place des foires dans le marché de l’art aujourd’hui et comment s’insère ART3F dans ce panorama ?
{Serge Beninca} : Un récent sondage démontre que 41% des achats d’œuvres d'art en France se font sur les foires et salons, leur place semble donc majeure. Il existe une clientèle qui a déjà pour habitude d'acheter dans les galeries et sur les foires, mais il y a également une nouvelle clientèle à former, et c'est là où les foires et salons jouent un rôle primordial ! Quand dans nos foires on réunit de 15 000 à 20 000 visiteurs, il y a forcément dans le lot de futurs acheteurs, de nouveaux collectionneurs, et également chez les enfants ! Aujourd'hui je pense que les foires ne nuisent pas aux galeries, au contraire elles développent une nouvelle clientèle. Avec des salons comme ceux de Nantes, Nice ou Bordeaux, nous développons forcément une clientèle qui bénéficiera aux galeries locales, notamment par le biais de notre pouvoir de communication.

{Artsper} : Quelle est votre cible, et est-elle différente de vos concurrents ?
{Serge Beninca} : Notre cible est double. On cible bien sûr les collectionneurs et les acheteurs, mais aussi les futurs collectionneurs et les futurs acheteurs. Tous nos exposants étant des professionnels, le but est de vendre mais pas uniquement... N'oublions pas que dans chaque visiteur peut se cacher un futur acheteur ! On veut avant tout faire découvrir l'art. Nous nous positionnons dans l'art abordable et l'art « coup de cœur », dans le sens où la moyenne de prix se situe entre 2000 et 10 000€. Contrairement à certaines foires, nous ne sommes pas dans l'art spéculatif, ce qui ne nous empêche pas d'avoir de très grosses pièces et des signatures prestigieuses.

{Artsper} : Quelles ont été les bonnes surprises de l’aventure ART3F, et quels sont vos projets pour le futur ?
{Serge Beninca} : D'une part, nous avons bénéficié d'un très bon accueil du public et fait de très belles rencontres humaines. La belle surprise, c'est aussi d'avoir découvert un univers que nous pensions plus compliqué et plus fermé qu'il ne l'est en réalité ! Quant à nos projets, nous avons développé les salons que nous souhaitions développer en France, il s'agit maintenant de les pérenniser et de les perfectionner. En quelques années, le concept art3f a grandi et s'est développé dans toute la France, notre projet est de poursuivre cette route avec la même envie et les mêmes exigences.

{Artsper} : Etes-vous collectionneur vous-même, et si oui, quels genres/mediums/périodes ont votre préférence ?
{Serge Beninca} : Oui, depuis une dizaine d'années ! Je m'intéresse surtout à la peinture et à la sculpture, tendance street art et pop art. Ceci dit je ne m'attache pas à un style en particulier, je fonctionne moi aussi au coup de cœur.

{Artsper} : Quel regard portez-vous sur la vente d’œuvres d’art en ligne et sur des projets comme Artsper ?
{Serge Beninca} : Je pense que les projets comme Artsper sont d'excellents compléments aux salons et foires d'art et constituent un bon relais une fois qu'on a découvert un artiste. On peut ensuite se tenir au fait de ses nouveautés sans devoir faire le tour des galeries ou traverser toute la France. Mon sentiment est que nous sommes complémentaires : on découvre un artiste sur un salon et on continue à acheter ses œuvres sur Artsper par exemple.

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