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Sylvie Bétard

Fondatrice de la Petite Papeterie Française

Rencontre avec Sylvie Bétard, la fondatrice de la Petite Papeterie Française, une papeterie responsable où chaque produit est pensé dans sa globalité, avec son cycle de vie et ses impacts sur l'environnement et l'humain. Sylvie nous parle de sa marque et de son intérêt pour l'art contemporain.

Quel est votre rapport à l'art contemporain ?

J'ai découvert l'art contemporain par la photographie. J'ai bifurqué de la photo à un cursus « esthétique de l'art contemporain » à l'Université Paris VIII. Ça m'a ouvert l'esprit, la critique, le champ des possibles. L'art contemporain m'a amené à voyager, à partir vivre ailleurs, à monter des projets invraisemblables, à détester son snobisme, à pester contre lui-même, à aller au delà des apparences pour comprendre l'intimité des processus de création. J'ai réalisé mon mémoire de Maîtrise théorique sur la notion de protection de l'art contemporain scandinave. C'est ce qui m'a amené à l'environnement puis à l'écologie. Il y a 15 ans, un magazine d'art contemporain   anglais titrait en couverture « Can Art save the planet ? ». Cette problématique raisonne encore en moi avec la même intensité depuis ce jour là. Les relations qu'entretiennent l'art - les arts - et écologie est mon fil rouge depuis 15 ans.


Votre artiste préféré ?


Un seul ?!? Impossible.... en premier lieu, Alberto Giacometti. J'ai une fascination pour ses formes depuis toujours. J'ai travaillé sur lui pendant 1 an pour un cours. 

Et puis il y a forcément un artiste scandinave donc… Olafur Eliasson. Je l'ai connu avec sa première performance dans les eaux de Stockholm où il avait dispersé un produit vert (non-toxique) pour interpeller sur la présence de l'eau dans cette ville aux 14 îles… Puis son expo au Kunsthaus de Bregenz en Autriche était monumentale. La nature même dans le centre d'art. Il a ce pouvoir du Sublime au sens Kantien. Tomas Saraceno n'est pas loin derrière. 



Quelle est la dernière expo qui vous a véritablement marqué ?


L'exposition permanente du Dia:Beacon aux US. C'est à dire, le lieu et ses œuvres à la fois. Je venais de passer une semaine en forêt dans les Catskills, j'étais « vierge » de toute pollution intellectuelle et urbaine. Ce lieu dévoile la toute-puissance de l'art contemporain, c'est vertigineux. La complémentarité du lieu et de ses œuvres est impressionnante. La rencontre avec l'imposante araignée de Louise Bourgeois, dans cette petite pièce, donnait envie de s'allonger en dessous et de rester là des heures à contempler. La rencontre artistique marquante pour moi, c'est celle qui donne envie de rester planté là. On a envie de faire sens avec elle, qu'elle dérange, qu'elle réconforte ou qu'elle questionne. C'est mon côté néo-romantisme scandinave. Le personnage de dos, tourné vers l'horizon, la contemplation.


L'œuvre d'art que vous auriez aimé réaliser ?


La question qui ramène à Œuvres d'Edouard Levé … son livre sur toutes ses œuvres jamais réalisées. Il m'a décomplexé sur ma créativité. Je n'ai jamais eu vraiment d'envie de création d'œuvres après mes études artistiques. C'était mon expérience créative plastique. 


Pourquoi êtes-vous lancée dans la papeterie ?


Pour créer une marque, une entreprise, simple et responsable. Pour démontrer qu'il est possible qu'une entreprise classique puisse avoir une force éthique importante tout en étant sexy. Parce qu'il ne faut pas oublier, que tout le monde se fout de l'écologie s'il n'y trouve pas un autre plaisir : émotionnel, esthétique, fonctionnel…. 

Le papier parle à tout le monde. La papeterie est design d'objet. Le papier est matière. Parce qu'il est dans nos vies - même numérique - et qu'il est un vecteur merveilleux de sensibilisation à l'environnement. Je voulais ouvrir une petite boutique en ligne avec une sélection esthétiquement forte et socialement transparente. Je voulais demander des comptes aux fabricants ! (rires) Où fabriques-tu ? Comment ? Comment sont considérés ces femmes et hommes qui travaillent de leur main, chez toi, dans ton entreprise ? L'industrie graphique en France est riche, on a ce qu'il faut pour l'apprécier et la valoriser. 


Pouvez-vous nous décrire votre processus de création quand vous développez un nouveau produit ?


J'ai deux façons de démarrer ce processus. Soit par la matière, soit par la fonctionnalité. Je ne suis pas capable de gérer la forme, et travailler seule est loin d'être enrichissant donc je travaille avec des supers designers. Nous sommes complémentaires. 

J'ai des idées fonctionnelles d'organisation en permanence. Je suis obnubilée par l'optimisation de l'organisation dans un espace pour le rendre ultra-fonctionnel. Cela fait partie d'un processus pathologique… (rires) que j'ai découvert pendant mes études : la volonté d'épuiser l'espace et le temps autour de moi. Souvent, je pense à des produits pour mon propre usage, je teste, je refais, et tout un coup, je me dis que ça serait pas mal en produit. Je ne suis jamais seule dans ce process, je travaille avec des designers produits qui vont rendre esthétique et forme à tout ça. À une condition : trouver la matière. Élément principal du succès, du respect de l'éthique de la marque, de la forme, de l'objet, de la vie du produit dans notre quotidien.

Quel est l'objet papeterie dont vous êtes le plus fière ?

Le bloc to do 100% Upcyclé ! C'est Elsa Le Saux qui l'a designé à partir de nos chutes de papier. L'accumulation de nos déchets est une source énorme de créativité, sans jamais que cela ternise à l'image haut de gamme que l'on souhaite garder et valorisation. Oui on peut faire un bloc de papiers sexy, upcyclé, à moins de 15 € pièce. Le produit fonctionne tellement bien que nous n'avons pas assez de chutes disponibles. 


L'artiste que vous rêveriez de voir utiliser un produit de la petite papeterie française ?


Des designers je pense… les frères Bouroullec. 

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