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Aquilès Yubero

Né en 1964 - Suisse

BIOGRAPHIE

Biographie en cours de finition

Aquilès Yubero , 1964, Genève, Suisse

Ceux qui déplorent, dans le monde de l’art contemporain, la perte du savoir-faire au profit du concept seront heureux de découvrir le travail récent d’Aquiles Yubero. L’artiste suisse d’origine espagnole n’a décidément pas froid aux yeux. Avec humour et dextérité, il détourne des pièces de monnaie pour les transformer en objets esthétiques, drôles et frondeurs.

Ce n’est pas la première fois qu’un artiste joue avec le sacro-saint argent. On se souvient des Dollar bills d’Andy Wharol ou de Serge Gainsbourg brûlant, face à la caméra, un billet de 500 francs, bien conscient que son geste est illégal, et qui marmonne : « Si on me fout en taule, j'en ai rien à cirer, je ferai un régime ! » Pourtant, quand on observe le travail d’Aquiles Yubero, on ne ressent pas l’impression d’un déjà-vu. Bien au contraire, on a immédiatement l’envie de comprendre comment ses différentes pièces ont été réalisées. L’artiste n’est pas avare de ses explications. Modestement, il explique sa démarche.

Le plasticien a choisi les pièces de monnaie, car il trouvait le support intéressant, s’agissant d’objets manipulés quotidiennement, chargés symboliquement et existant depuis des temps reculés. Il est conscient qu’il s’agit d’un objet qui existe dans presque toutes les parties du monde, qu’il appartient à tout le monde et en même temps à personne, car il s’agit d’un bien de l’Etat. Il a choisi la pièce plutôt que le billet, car elle n’évoque pas forcément la richesse, peut appartenir même au plus démuni et surtout permet le type d’intervention qu’il voulait lui faire subir.

Par le fait même qu’il détourne des pièces de monnaie, Aquiles Yubero transforme des objets à valeur d’usage en objets à valeur artistique. Pour les modifier, il a fait appel à son savoir-faire de graveur et de sculpteur. Sa démarche est généralement la suivante : il choisit une pièce qui lui paraît posséder un certain potentiel de transformation - il la considère, bien sûr, en tenant compte du pays auquel elle appartient. Ensuite, selon la manière dont il veut la détourner, l’artiste l’enlève de la matière, en repousse s’il en faut à un autre endroit, creuse ou sculpte.

Aquiles Yubero parle de détournement au troisième degré. Son humour est instantané. La connivence avec le spectateur s’établit, en effet, d’emblée. Dès que l’on pose son regard sur les pièces, on ressent une curiosité, une complicité ou un certain malaise face à l’acte irrévérencieux et espiègle. Ainsi on verra notre chère Helvétie appauvrie, car déshabillée, mais pas de façon brutale, plutôt à la façon d’un nu antique, et Guillaume Tell, notre héros national, démuni de sa chair, squelette ricanant drôlement sous sa capuche, « to pay or not to pay ? », semble-t-il demander.

Si Aquiles Yubero a commencé par travailler sur l’argent de sa patrie, il a étendu sa dérision sans acrimonie aux devises d’autres pays. On verra ainsi le dollar américain transformé en dinde de Thanksgiving et la reine d’Angleterre transformée en punk. Certaines pièces ont aussi simplement perdu leur valeur d’usage, par le fait que leur montant a été effacé. Cette transformation gratuite, sorte de potlatch, perturbe : on est embarrassé face à cet argent qui ne vaut plus rien.

Le travail est habile : beau et précis. Si Aquiles Yubero veut déranger, il tient toutefois à ne pas blesser. Il a abandonné un projet sur une pièce japonaise, trouvant peu à propos de remuer la mémoire du peuple nippon, alors que les événements actuels attaquent déjà violemment leur conscience. Il s’agit plutôt pour l’artiste de nous offrir une bouffée d’air frais, un regard un peu décalé sur l’argent, de dédramatiser notre rapport à celui-ci. Il cite d’ailleurs Marcel Aymé avec malice : « Les peines d’argent durent plus longtemps que les peines de cœur et se transmettent de génération en génération. »
Une chose est absolument certaine, notre plaisir de spectateur sera de taille face à la délicatesse du travail effectué par la main de maître d’Aquiles Yubero.
Laure Mi Hyun Croset

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