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Sam Phillips

présentation

Editeur du prestigieux magazine de la Royal Academy of Arts, critique artistique, écrivain et professeur à ses heures perdues, Sam Phillips fait partie de ces têtes pensantes qui comptent dans le milieu artistique du Royaume-Uni. Voulant en savoir plus sur son parcours et sur ses fonctions d'éditeur de ce magazine, nous sommes allés lui poser quelques questions.

{Artsper} : Avant que nous commencions, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur votre carrière et votre parcours ?
{Sam Phillips} : J’ai toujours su que je voulais être journaliste, j’aimais déjà beaucoup les magazines et les journaux quand j’étais enfant et adolescent, la question consistait à réussir à s’insérer dans le système. J’ai gagné autant d’expérience que possible, payé ou non, lorsque j’étais étudiant, chez des magazines comme The Guardian, The Independent, The Economist, Time Out et I-D Magazine, et je m’occupais également de publier le journal étudiant de mon université. Lorsque j’ai eu mon diplôme en Philosophie, j’étais donc fin prêt pour postuler à des postes d’assistant éditorial, qui est généralement le poste d’entrée pour une carrière dans l’édition.
J’ai travaillé en tant qu’assistant éditorial, puis éditeur junior pour RA magazine, la publication trimestrielle de la Royal Academy of Arts, très reconnu dans le milieu de l’art et de l’architecture, publié à plus de 95 000 exemplaires. Il est distribué en priorité aux Amis de la Royal Academy afin de les tenir au courant de ses actualités et de celles du monde de l’art en général.
En 2006, je me suis lancée en tant qu’indépendant, ce qui a impliqué un certain nombre de jobs à temps partiel pour moi, notamment celui de Chargé de Publication pour Serpentine et d’éditeur du catalogue pour les foires Frieze. A côté de ces emplois, j’ai écrit deux livres – The art guide : London (Thames & Hudson, 2011) et Isms : Understanding modern art (Bloomsbury, 2012) – ainsi que beaucoup d’articles pour différents magazines. Quand en 2013, je suis retourné travailler pour la Royal Academy, j’ai eu le poste d’éditeur en chef du magazine. C’est un véritable plaisir d’y être revenu, car le spectre d’études du magazine est très large. Il met en avant et encourage tous les types d’art et d’architecture, et je suis en permanence confronté à des sujets fascinants de la culture visuelle, ancienne ou non.

{Artsper} : En tant que journaliste d’art et éditeur de nombreuses publications renommées, vous possédez un savoir très étendu sur l’art contemporain. Qu’est-ce qui vous a poussé à travailler dans le monde de l’art ?
{Sam Phillips} : L’art est sujet sans limites absolument fascinant car il aborde un nombre de sujets incroyables de manière très intense. Un artiste et son travail peut-être considéré de mille et un points de vue. Par exemple, un article sur un artiste peut rendre compte de la personnalité et de la créativité de cet artiste ; de ses influences, qui vont généralement de la littérature à la cinématographie en passant par la politique ; de ses techniques de création, ce qui peut être fascinant en terme de matériaux utilisés et de procédure ; de l’apparence de ses œuvres et du ressenti qu’en a son spectateur ; de la signification de ses œuvres, ce qui touche souvent au vécu personnel de l’artiste, que ce soit ses sentiments ou son ressenti social. Quand je travaille pour le journalisme artistique, que ce soit de l’art contemporain ou plus ancien, je suis constamment en lien avec et en apprentissage d’un grand nombre de sujets riches et variés.

{Artsper} : Qu’avez-vous apporté au paysage du journalisme artistique en devenant l’éditeur du magazine de la Royal Academy of Arts ?
{Sam Phillips} : Cela fait environ deux ans que je suis éditeur. Le magazine n’avait pas besoin d’un complet remaniement lorsque je suis arrivé, comme son contenu édité par mes prédécesseurs avait toujours été très bien reçu par les Amis de la RA. Mais tout magazine doit être en constante amélioration, et mis à part des améliorations en terme de design, voici les trois sujets sur lesquels j’ai concentré mon attention jusqu’ici :
La raison pour laquelle l’Académie est une institution si vitale et dynamique est qu’elle est dirigée par des artistes, dont certains comptent parmi les plus grands noms de la culture britannique, tels que David Hockney, Cornelia Parker, Richard Rogers et Thomas Heatherwock. Pour n’importe quel éditeur, pouvoir travailler avec de telles personnalités est un véritable bonheur, donc j’essaye autant que possible d’inclure leur voix et leurs idées au cœur même du magazine. Des académiciens tels que Norman Foster et Zaha Hadid, en passant par Tracy Emin, ont écrit des articles, et je les ai toujours encouragé à suggérer des idées de contenu pour le magazine – que ce soit des critiques de livres, ou à quel auteur demander un article – afin de revigorer le magazine et de communiquer aux lecteurs l’importance des artistes et des architectes pour la Royal Academy. Notre numéro d’été, par exemple, est co-édité par l’architecte David Chipperfield.
J’ai également lancé une nouvelle rubrique, nommée Débats, qui a pour objectif de publier des écrits très tranchés, voire politiquement incorrects à propos de sujets sensibles de l’art et de l’architecture. Ce sont souvent des artistes qui écrivent ces articles ou alors des critiques ou autres figures éminentes du monde de l’art. La Royal Academy est un lieu ouvert aux débats, ou tout sujet peut être traité.
J’ai essayé d’instaurer un ton plus littéraire dans le magazine où cela était possible. Cela a donné lieu à la publication d’une nouvelle par numéro, dont l’histoire est inspirée d’une œuvre d’art. J’ai également essayé d’inclure des poèmes et des réponses plus personnelles à l’art plutôt que du journalisme pur.

{Artsper} : Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur le projet « The Art guide : London » ?
{Sam Phillips} : Ça a été un livre très agréable à écrire. « The Art guide » est essentiellement un guide des collections d’art de Londres, mais ce qui le rend unique c’est sa structure, comme il est organisé par genre plutôt que par galerie ou institution. Il commence donc par un chapitre sur l’ancienne Egypte et la Mésopotamie, puis l’art grec et romain, puis l’art médiéval, suivis par les chapitres sur la Renaissance, le Baroque, le Rococo,… jusqu’à l’art moderne et l’art contemporain. Chaque chapitre propose une introduction sur le genre en question, en expliquant ses notions clés et ses habitudes, en donnant une description des œuvres qui peuvent être vus dans les collections de Londres. C’est donc plus un guide sur l’histoire de l’art vue au travers des œuvres qui sont présentes dans les collections de la ville.

{Artsper} : Un événement culturel en particulier qui vous a marqué en 2014 ?
{Sam Phillips} : Biaisé comme je le suis, j’aurais tendance à dire l’exposition de l’artiste allemand Anselm Kiefer à la Royal Academy. Sincèrement, ça a été l’une des expositions les plus émouvantes et majestueuses que j’ai jamais vu, et j’ai versé quelques larmes. J’ai ressenti une attirance viscérale, magnétique pour l’esthétique des œuvres de l’artiste aussi bien que pour l’intensité émotionnelle et l’intelligence qui s’en dégageait.

{Artsper} : Pourriez-vous nous citer quelques galeries à Londres dont la programmation mérite qu’on y reste attentifs ?
{Sam Phillips} : Afin de rester au courant des dernières actualités de l’art contemporain, je visiterai quelques galeries « commerciales » telles que Ancient & Modern, Corvi-Mora et Wilkinson, ainsi que des espaces associatifs, comme Chisenhale Gallery, Studio Voltaire, Cubbitt et Cell Project Space.

{Artsper} : Si vous pouviez dîner avec l’artiste de votre choix, qui choisiriez-vous ?
{Sam Phillips} : Très bonne question ! En terme d’histoire de l’art, je choisirais Picasso, comme je parle un peu espagnol – mais si j’avais un interprète à disposition, je retournerais en Grèce antique pour rencontrer le sculpteur Praxiteles ou j’irais dîner avec Titian dans la Venise du XVIème siècle. Ou non, attendez, j’irais plutôt dîner avec Basquiat… ce n’est vraiment pas une question évidente ! Pour un artiste contemporain, le choix est encore plus dur. J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer la plupart de mes héros artistiques, si on enlève Gerhard Richter. Donc je choisirais Richter, comme en plus j’ai entendu dire que c’était un homme adorable, tout comme son œuvre.

{Artsper} : Le marché de l’art se tourne progressivement vers le digital, que pensez-vous du projet d’Artsper ?
{Sam Phillips} : Aussi cliché que cela puisse paraître, le monde digital permet de franchir les frontières. Je peux avoir sur mon écran le travail d’un artiste britannique ou bengali au même moment après quelques clics. Donc j’apprécie particulièrement l’aspect international d’Artsper, car cela me permet de découvrir des galeries hors du Royaume-Uni, dont un bon nombre que je n’ai jamais visitées. De plus en plus de gens regardent et achètent de l’art en ligne, donc je m’intéresse particulièrement à des projets comme celui d’Artsper, afin de suivre leur évolution.

{Artsper} : On en revient au journalisme artistique de manière plus générale, quel serait votre conseil pour un jeune journaliste ?
{Sam Phillips} : N’écrivez pas gratuitement. Ok, ce n’est pas tout à fait vrai, vous aurez sans doute besoin d’écrire un ou deux articles gratuitement, juste pour pouvoir les inclure à votre portfolio. Mais ne vous rentrez pas dans le crâne qu’il est normal que vous ne méritiez pas d’être payé pour votre travail – ce n’est pas bon pour vous, ni pour tous les autres journalistes. Consacrez plutôt ce temps à rechercher le « marché » auquel s’adresse vos écrits – les nombreux magazines, journaux et autres publications prêts à payer des journalistes indépendants pour un bon article. Cela peut vouloir dire que vous devrez viser plus large, en pensant à d’autres sujets qu’à de simples critiques d’expositions. Souvenez-vous que de bonnes idées de sujets bien présentées devraient vous valoir des commandes rémunérées.

{Artsper} : Quels sont vos projets pour 2015 ?
{Sam Phillips} : Je prévois de consacrer une partie de mon temps à enseigner cette année, ce dont j’ai particulièrement hâte, comme enseigner un sujet aide réellement à le clarifier dans son propre esprit, et l’interaction avec les élèves m’en apprend toujours beaucoup plus que ce à quoi je m’attendais. Par exemple, je vais mener un cours nommé « Introduction à la critique d’art » à la Royal Academy en novembre, qui, j’en reviens à votre dernière question, a pour but d’aider de jeunes journalistes d’art à perfectionner leurs talents.

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