Oeil Nez Oeil

Du 18 février au 20 mai 2016

Graphem

Graphem

Paris - France

Présentation

La galerie Graphem est heureuse de présenter l’exposition personnelle de Maya de Mondragon, Œil-Nez-Œil, qui se déroulera du 18 février au 20 mars 2016. Depuis le début de leur collaboration en 2011, alors que l’artiste sortait diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris (dessin et sculpture), son travail s’est beaucoup enrichi jusqu’à devenir intrinsèquement protéiforme.

L’installation déployée dans l’espace de la galerie Graphem est une somme de variations sur le visage, résonnant comme une onde vibratoire d’une pièce à l’autre. Le projet de Maya de Mondragon, s’il fait appel à divers procédés techniques, trouve sa véritable origine dans le papier, matériau commun transcendé par le pli.

Visages pâles, partant du principe d’illusion, propose la reproduction et la répétition numérique d’un objet initialement réalisé en trois dimensions grâce à une succession de plis et de replis du papier. Ces sculptures, devenues des visages grotesques et grimaçants grâce à leur pendant obtenu par symétrie axiale, se mutent dans le même temps en une surface bidimensionnelle apparemment unitaire. Formée en réalité de plusieurs modules, celle-ci se trouve décomposée en mouvements suscités par le moindre souffle d’air. Ce mur des visages, trompe-l’œil survenant telle une apparition, transforme ainsi une surface plane et hiératique en un volume fluide et vivant. La dialectique entre surface et volume, tout en traduisant l’ambivalence absence / présence chère à l’artiste, pose de surcroît la question d’une éventuelle fabrication en série.

Cette idée de la reproductibilité de l’œuvre d’art est d’ailleurs à nouveau évoquée par les bas-reliefs de plâtre. Reprenant la même esthétique que celle de Visages pâles, ils sont fabriqués à partir de moules sculptés par pliage dans le papier. Cette technique du moulage suppose une production en plusieurs exemplaires qui est aussitôt démentie par le matériau utilisé. En effet, l’humidité du plâtre détruit immédiatement le moule de papier, dont la porosité et la fragilité le condamnent à n’être qu’un objet jetable à usage unique. Les visages de plâtre posent malgré tout le problème de l’unicité de l’œuvre d’art puisque, sans être identiques, ils portent en eux, en résonnance avec les Visages pâles, un discours sur le multiple ou plus précisément sur le faux multiple.

La mise en scène de la facticité rebondit de pièce en pièce pour finalement s’incarner dans une toile cirée. Fabriquée par l’artiste en quelques exemplaires, elle cite un objet générique produit en série, à usage domestique et à connotation kitsch. Explorant tous les recoins et contradictions de son idée, Maya de Mondragon, en un clin d’œil au « grand art », cite Les Saisons d’Arcimboldo tout en répétant un motif synthétique. Les fruits et légumes, formant à nouveau une accumulation de visages baroques, prennent le contrepied de toute représentation organique pour figurer des denrées artificielles, accessoires en plastique que l’on retrouve dans toutes les bonnes dinettes. Cette représentation de la représentation est un principe d’appropriation auquel l’artiste a souvent eu recours, notamment avec les objets trouvés les plus prosaïques.

Citant sans complexe Georges Didi-Huberman juste avant de faire référence aux visages de Paul Klee soumis aux interférences de Monsieur Patate, le travail de Maya de Mondragon s’organise spontanément sur un système du jeu et de l’association d’idées. Ce système, loin d’être dissimulé, est constamment mis en scène pour former un ensemble composite où l’authenticité voisine avec une facticité étudiée, sans pour autant que l’artifice ne travestisse la réalité.

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Adresse

    Détails

  • 68 rue de charenton
    75012, Paris
    France
    06 12 52 55 67

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