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Fabienne Cresens, La montée des eaux

Fabienne Cresens La montée des eaux, 2018

Mise en situation Photographie 39.4 x 39.4 inch 1 exemplaire restant

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Fabienne Cresens, La montée des eaux
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Fabienne Cresens

Né(e) en: 1957

Belgique

La montée des eaux de Fabienne Cresens


De la lumière à l'obscurité, Fabienne Cresens est photographe autodidacte belge. Née en Afrique, elle ne cesse depuis l'âge de dix-sept ans, d'élargir le champ de son art, de l'argentique au numérique jusqu'au photophone aujourd'hui, avec ce qu'elle nomme des objets photographiques qui ouvrent la voie à de nouvelles expérimentations fécondes qu'elle mène principalement à Bruxelles, ville en et de création(s). 


Quand notre perception de la réalité est asphyxiée au point de faire naître le doute sur la vérité de ce qu'on voit et jeter ainsi la confusion dans les consciences, Fabienne Cresens travaille sur l'archéologie du réel, ses chutes et ses beautés. C'est toute la subtilité du travail au long cours de Fabienne Cresens. Il échappe à tous les partages binaires. Il fait chemin(s). C'est dans ce sillage que semble avoir été conçue l'exposition La Montée des eaux ; l'idée d'une série de regardeur.e.s en bonnets de bain en noir et blanc tendue entre le petit fait vrai et le destin de l'humanité.


Dans La Montée des Eaux de Fabienne Cresens, ce sont des visages à pensées, des paysages d'étrangeté, des moments de passion, que nous parcourons, regardons, immergés dans des univers qui nous pénètrent, où se déversent le « je » et le « nous ». On en ressort différent, transformé par une question : « Que veulent ces images qui se soustraient à la matière et au temps ? Que veulent-elles de moi ? ».


Au cœur du travail de Fabienne Cresens, il y a la vision brisée, sombre, rendue au lyrisme. Mais un lyrisme qui se veut profondément réaliste et humaniste dans, entre et avec les images. Il y a là quelque chose de subtilement poélitique, à la fois narratif, politique et esthétique.

Depuis 2009, la photographe pose un regard sans concessions mais non dénué de douceur sur une réalité que beaucoup se refusent encore à voir : les dérèglements climatiques. Et aujourd'hui, elle surprend en ceci qu'elle compose une série photographique en noir et blanc de pure attention à son environnement, aux êtres humains et aux animaux qui y sont reliés.

Ici, Fabienne Cresens s'approche au plus près d'un visage, de l'enfant à l'adulte, connu ou moins connu, comme s'il était vu pour la première fois. Le visage est nu, simple et bouleversant, étonnamment vivant. 


Il raconte yeux ouverts et bouche fermée quelque chose de ce que les hommes font aux montagnes, aux forêts, aux glaciers, au ciel comme à la terre. Là, le visage fixe va à l'essentiel pour incarner une responsabilité, une vigilance, une attitude face à la destruction puissante des éléments en furie - pluies torrentielles, inondations, vents dévastateurs, tempêtes, cyclones ou tsunamis.


La série La Montée des Eaux ne s'alourdit pas de pédagogie explicative ou de considérations morales bon marché pour dire « non » au cauchemar d'anéantissement final. Dans une douceur entêtante, elle impose un regard à l'acuité sensitive et magnétique. Dans ses plus infimes soubresauts, son ascétique beauté, sa révolte silencieuse est le signe d'une possible (re)naissance au monde, un autre pas. Hic et nunc, les visages ne dorment jamais.


Notes, Sylvia Botella, janvier 2019

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