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Rencontre avec Thanks for Nothing

A l'occasion du Arty Friday, célébrons notre première collaboration avec l'association Thanks for Nothing

Rencontre avec Thanks for Nothing - illustration 1

Fondée en 2017, l'association Thanks for Nothing fait déjà d'énormes vagues. Ses 5 fondatrices ont décidé de mettre à profit leurs connaissances et leur expérience dans le monde de l'art (FIAC, Musée d'Art Moderne, Centre Pompidou et Palais de Tokyo, pour n'en citer que quelques-unes) pour créer un changement social. Dédiés à l'éducation, aux droits de l'homme et à l'environnement, elles organisent des événements artistiques et culturels pour collecter des fonds pour diverses organisations et encouragent les artistes ainsi que les citoyens à utiliser leur voix pour agir et provoquer du changement. C'est pour ces raisons qu'Artsper a choisi de se joindre à leur cause pour un "Arty Friday", la première opération d'une collaboration durable.

1. Tout d'abord, votre nom ! Pourquoi l'avez-vous choisi ?

Nous plaçons au cœur de nos actions la voix de l'artiste. De façon systématique, nos projets portent le nom de l'œuvre d'un artiste mobilisé pour soutenir la cause que nous avons choisie. Poétique et fédératrice, la voix de l'artiste porte celle de ceux que l'on n'entend pas. Le nom même de « Thanks for Nothing » est un hommage à l'artiste John Giorno et à son poème éponyme, qui aborde à la fois la beauté mais aussi les complexités de la vie. C'est ce souffle, parfois ambivalent mais toujours conscient qu'il est possible d'agir, que nous voulons porter. 

2. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce qui vous a poussé à créer Thanks for Nothing ?

Lorsque j'étais directrice de la Galerie Chantal Crousel, nous avons décidé avec quatre autres femmes de créer une plateforme pour faire la synthèse entre notre passion pour l'art et un engagement solidaire que nous portions à titre personnel. Notre but était de créer un lien entre le monde de l'art et l'engagement. Nous nous sommes rendues compte que notre engagement associatif pouvait bénéficier des réseaux et de la visibilité du monde de l'art. C'est ainsi que nous avons créé l'association Thanks for Nothing, pour lier l'art contemporain au plus haut niveau avec un engagement social concret.

3. De toute évidence, il y a de nombreux domaines de responsabilité sociale sur lesquels vous auriez pu choisir de vous concentrer, pourquoi avez-vous choisi l'éducation, les droits de l'homme et l'environnement ?

Nous avons choisi ces 3 piliers de l'engagement car ils représentent les domaines dans lesquels nous étions chacune engagées personnellement et cela nous semblait faire sens que de continuer dans cet élan. Par ailleurs, la voix des artistes et leur travail abordent, bien entendu, ces enjeux contemporains. 

4. Pourquoi pensez-vous que l'art a le pouvoir d'opérer des changements aussi importants ?

Je pense que l'art a un réel pouvoir d'éveil des consciences. Thanks for Nothing place au fondement de ses initiatives l'impact de l'art dans la société et ce pouvoir d'éveil. Nos événements sont systématiquement gratuits et accessibles à tous. Nous portons une attention particulière à la sensibilisation des publics de toutes générations, à la transmission des savoirs et à la participation de chacun à des actions d'intérêt général.

Nous voulons créer un dialogue, pour que la voix des associations soit à la fois entendue mais aussi portée par celle des artistes et pour donner aux citoyens l'envie de s'engager.

Rencontre avec Thanks for Nothing - illustration 1
Rencontre avec Thanks for Nothing - illustration 1

5. Comment décidez-vous de la teneur d'un événement et des associations partenaires?

Thanks for Nothing travaille en collaboration avec un comité d'experts afin d'identifier les associations invitées à prendre part à nos projets. Dès la première étape, les associations y sont intégrées. De cette façon, nous pouvons identifier précisément leurs besoins et concevoir le projet qui aura le plus d'impact pour elles à moyen et long termes. Elles font ainsi partie intégrante des projets, au même niveau que les artistes, et peuvent partager la réalité des causes qu'elles défendent au quotidien. 

6. Quelle est la partie que vous préférez dans votre travail ?

Ce qui nous réjouit le plus dans les projets portés par Thanks for Nothing c'est la force révélée du collectif. La mobilisation de nombreux acteurs artistiques et solidaires pour chaque projet permet de démontrer que, ensemble, il est possible de créer un lien entre deux mondes a priori distanciés. Le monde de l'art et celui des associations ne sont – a priori - pas directement liés alors qu'ils partagent tant, notamment l'engagement et le questionnement du réel. Nous sommes donc heureuses de défendre l'idée d'une rencontre concrète entre ces deux mondes qui abordent et nous confrontent aux grands enjeux de la société contemporaine.

Ce fut, par exemple, un magnifique projet de concevoir et de mettre en place la collaboration entre l'artiste Melik Ohanian, représenté par la Galerie Chantal Crousel, et l'association Bibliothèques Sans Frontières. Invité par Gaël Charbau et la Ville de Paris pour Nuit Blanche 2018, Thanks for Nothing a notamment produit son livre « Conscientia » : une édition limitée de 15 livres blancs remis à l'association. Leur parrain, Augustin Trapenard, les a depuis offerts aux bénéficiaires de l'association au Bangladesh, en Colombie, à Baltimore… 

7. Comment le grand public peut-il s'impliquer et faire un don ?

Nos événements étant systématiquement gratuits et accessibles à tous, nous voulons sensibiliser l'opinion publique aux différentes formes d'inégalités sociales tout en faisant participer le grand public à des actions d'intérêt général et ainsi les impliquer dans notre démarche. 

Pour chaque projet, le public est invité à agir et à devenir acteur de la solidarité. Nous avons proposé une performance solidaire avec l'artiste Michelangelo Pistoletto pour Nuit Blanche 2019 à la Cité des sciences : pour chaque participant, un arbre sera planté par l'association le Parti Poétique ; une collecte géante de biens culturels sur le Pont Alexandre III où nous avons réuni plus de 35 000 livres

Le public peut donc s'engager dans ces actions sous différentes formes. C'est aussi une nouvelle façon d'encourager l'action citoyenne. 

Bien entendu, il est aussi possible de faire un don libre via notre page HelloAsso :  https://www.helloasso.com/associations/thanks-for-nothing/adhesions/thanks-for-nothing-community

Enfin et afin de soutenir et de participer aux projets de Thanks for Nothing, nous avons décidé de lancer Community, une communauté composée de citoyens qui partagent nos valeurs et souhaitent s'engager à nos côtés sur le temps long. 

Rencontre avec Thanks for Nothing - illustration 1
Rencontre avec Thanks for Nothing - illustration 1

8. Quel était votre meilleur souvenir depuis la création de Thanks for Nothing ?

Tous les projets de Thanks for Nothing sont des souvenirs merveilleux car ils représentent des instants magiques de partage entre le public, les artistes et les associations.

Il nous reste, bien sûr, en mémoire les 2 millions d'euros récoltés lors de la vente aux enchères « We Dream Under The Same Sky », organisée avec la Galerie Chantal Crousel au profit de 5 associations qui accueillent les réfugiés en France et en Europe ; ou encore la danseuse étoile Marie-Claude Pietragalla dansant sur le Pont Alexandre III entourée de milliers de personnes, lors de Nuit Blanche 2018 ; Michelangelo Pistoletto autour de sa « Sculpture de promenade » lors de Nuit Blanche 2019, en co-production et à l'invitation de la Cité des sciences et de l'industrie, entouré des bénéficiaires des associations invitées qui avaient réalisés l'œuvre lors d'un workshop solidaire à la Galleria Continua. Cette performance a débuté avec 80 enfants, mineurs isolés, réfugiés et sans-abris qui ont été rejoints par plus de 600 personnes pour une performance géante et engagée. 

9. Avec quels artistes aimeriez-vous travailler à l'avenir ?

Nous sommes déjà très heureuses de travailler avec Bill Shipsey, le fondateur de Art for Amnesty et Art 19, qui a mobilisé de grands artistes comme Gerhard Richter, Kiki Smith, Shilpa Gupta… dont les œuvres seront présentées lors de deux expositions que nous organisons au mois de décembre. La première se tiendra à Genève dès mercredi 11 décembre au MAMCO puis chez Blondeau & Cie jusqu'au samedi 14 décembre. En parallèle, les œuvres seront présentées vendredi 13 et samedi 14 décembre au Grand Palais. Ce projet permettra de soutenir les actions d'Amnesty International et de financer notamment un programme destiné à soutenir l'accueil des réfugiés. 

Nous sommes également ravies de porter le projet « Art, Artiste, Assistant » initié par l'artiste Jean-Michel Othoniel et le Fonds de dotation LINK. A partir de 2020, ce programme permettra l'insertion de jeunes homosexuels exclus de leurs familles grâce à une formation dans des ateliers d'artistes. 

10. Nous avons hâte d'en voir plus sur cette remarquable plateforme, quel est le prochain volet de votre programme ?

Nous vous attendons nombreux au MAMCO et chez Marc Blondeau & Cie du mercredi 11 au samedi 14 décembre et, bien entendu, au Grand Palais vendredi 13 et samedi 14 décembre pour découvrir les œuvres réalisées en soutien aux actions de Amnesty International. 

A partir de 2020, nous collaborons également avec le Fonds de dotation Merci, créé par la famille Cohen, il y a 10 ans. Pour soutenir leurs actions, vous pouvez dès aujourd'hui et jusqu'à la fin de l'année 2019, participer au « Mois Solidaire » en vous rendant dans les restaurants et boutiques partenaires, comme Septime, l'Altro… Au printemps 2020, Thanks for Nothing prépare une journée artistique et solidaire afin de porter notamment la création du projet Horizon, village d'accueil de refugiés en France… L'ensemble de ces actions permettent également la poursuite de leurs actions d'éducation à Madagascar avec l'association ABC Domino, ou le développement de « la Ferme de l'envol » pour une agriculture engagée aux portes de Paris. 


Sélection d'oeuvres d'art

Abdessemed Adel, Jardin d'Hélène, Edition

Abdessemed Adel

Jardin d'Hélène, 2013
20 x 25 cm
Edition

1 300 €

Matias Faldbakken, Hilux variations 1, Edition

Matias Faldbakken

Hilux variations 1, 2014
64 x 43 cm
Edition

5 000 €

Ilya Kabakov, The artist at work, Edition

Ilya Kabakov

The artist at work, 2016
77 x 60 cm
Edition

40 000 €

Nos recommandations Laurent Grasso, Studies into the past (Signed poster), Edition

Laurent Grasso

Studies into the past (Signed poster), 2018
50 x 60 cm
Edition

180 €

Gabriel Orozco, Batwaves, Photographie

Gabriel Orozco

Batwaves, 2012
20.32 x 15.24 cm
Photographie

999 €