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PARIS - France

¿Pa’ Donde Vamos? - Cuba

PARIS 4 septembre 2019 au 22 octobre 2019

Présentation
Grâce à une politique de formation très active menée depuis la révolution, notamment transmise via des écoles d’art disséminées dans les provinces (dont les meilleurs éléments étudient ensuite à l’Institut Supérieur des Arts de La Havane), Cuba est une pépinière de plasticiens de grand talent. Ici, la culture est un enrichissement inhérent à l’existence même, tout comme l'éducation qui tient un rôle remarquable.

Un peu d'histoire : en 1991, en raison de l’effondrement de l’Union soviétique, du camp socialiste et de la recrudescence du blocus commercial et financier imposé à Cuba par les Etats-Unis, le pays est entré dans une crise économique longue et profonde. Les pénuries alimentaires et les transports d’énergie s'avéraient particulièrement sévères; certains jours, les coupures de courant pouvaient durer de seize à vingt heures. Fidel Castro, évoquant José Martí, rappela alors que “les tranchées d’idées valent plus que des tranchées de pierres (...) La première chose à sauver est la culture”, car “elle est l’épée et le bouclier de la nation”. Aucune institution culturelle n’a été́ fermée, aucun événement n’a cessé d'avoir lieu, car “être cultivé est le seul moyen d’être libre”. Ainsi, dès que la situation économique a offert un répit, les projets culturels mis en suspens jusqu'alors
reprirent avec vigueur. En 2000, Fidel approuva la construction des nouvelles Ecoles d’Instructeurs d’Art, avec l’objectif de consolider les établissements d'enseignement et les centres culturels. Vingt ans plus tard, et à travers cette exposition, nous pouvons prendre toute la mesure du dynamisme de l'art contemporain cubain.

¿Pa’ Donde Vamos?... Alors que Fidel Castro n'est plus, que la fin de l'embargo annoncée par le président Obama a été remise en cause par son successeur, et que les touristes continuent d'affluer en masse, le quotidien reste dur. Une nouvelle crise économique affecte l'île, sans oublier les ravages des cyclones dévastateurs. Le pays risque en outre de perdre de précieux soutiens financiers - le Venezuela de Nicolas Maduro est en plein marasme politique, sous la pression des Etats-Unis qui soutiennent l'opposant Juan Guaido pour le remplacer. Et en Algérie - l'autre pays pourvoyeur de pétrole de La Havane - la démission d'Abdelaziz Bouteflika pourrait changer la donne. Depuis l’arrivée de Miguel Diaz-Canel (après le départ de Raúl Castro en 2018), le ministère de la Culture se montre très fragilisé et les projets culturels d’Etat ne font plus partie des
priorités.

Malgré tout, la culture cubaine résiste encore, grâce à un fort maillage de jeunes galeries d’art, de concerts de rock, de hip-hop ou d’électro, de cours de danse, de festivals, de biennales d'art internationales... Cuba connaît en effet un bouillonnement artistique d’un genre nouveau, où le système privé prend le relais des institutions culturelles d’Etat. Mais ici - et c’est encore une spécificité de la culture locale -, ce sont les artistes qui tiennent majoritairement les rênes et donnent eux-mêmes naissance à de véritables centres d'art privés, sorte de laboratoires où les échanges avec les scènes culturelles internationales se multiplient. Ces générations d’artistes formées à l’Ecole de la révolution se retrouvent totalement impliquées dans le processus de développement culturel et s’engagent personnellement pour maintenir la culture cubaine "vivante et ouverte à tous".

La Fábrica de Arte Cubano (FAC), inaugurée en février 2014 est également devenue un des symboles du renouveau culturel de La Havane. Son objectif : promouvoir et soutenir l’art contemporain cubain sous toutes ses formes (cinéma, musique, danse, théâtre, arts plastiques, littérature, photographie, mode, design graphique et architecture), mais aussi faciliter les échanges entre les artistes et le public. La FAC est tant un incubateur qu'un tremplin pour les jeunes artistes. Les créations présentées se renouvellent chaque mois - le lieu privilégie les expositions collectives autour d'une quinzaine d’artistes donnant à voir chacun une ou deux œuvres. Totalement autogéré par les artistes, ce lieu génère une offre culturelle très éloignée des clichés qui s’exportent le plus souvent dans les pays occidentaux. La FAC symbolise ce Cuba qui alterne transition douce et
mutation accélérée.

Autre exemple récent, c’est dans un grand hangar au bord de la Rivière Almendares de La Havane, que l’artiste cubain Wilfredo Prieto, a installé son studio-atelier – Chullima. Pour lui, “c’est un espace de relations où (il) travaille sur des projets en collaboration avec des ingénieurs, architectes, scientifiques, des historiens de l’art, des curateurs...”. Les projets de Wilfredo Prieto, à partir de ce spectre élargi de l'art contemporain, ont pour volonté d’interagir avec une Havane contemporaine, peu connue et changeante. Pour cet artiste, l’art contemporain est un cadre idéal pour “rénover et réinventer la ville”.

Temps fort incontournable, la Biennale de La Havane, initiée en 1984, a symbolisé le lieu de confrontation par excellence entre les plasticiens cubains et l’actualité artistique contemporaine internationale. En dépit du blocus imposé à l’île, des commissaires de renom et des directeurs de prestigieuses galeries et musées du monde se sont rendus à La Havane dans les années 1990 pour se rendre témoins du vaste programme d’activités conçu par la Biennale et le documenter. On peut affirmer que la renommée dont jouissent désormais les artistes cubains dans le circuit commercial international découle de la légimité acquise, en amont, lors de cette manifestation marquante. C'est également lors de la décennie 1990 qu'a eu lieu la première grande vente d’art
contemporain cubain, à l'occasion de l’exposition Cuba O.K, à Düsseldorf, en Allemagne. On constate également à la même période un engouement nouveau de la part de collectionneurs américains. Les artistes cubains dits de la génération 2000 – ceux que nous présentons dans cette exposition - vivent une situation complètement nouvelle avec l'apparition du marché de l'art. A partir de 2010, bien que officiellement interdites à Cuba, des galeries privées ont ouvert à tour de rôle, participant également à la promotion de l’art cubain dans les foires internationales. De nos jours, les œuvres commencent à rejoindre les collections des musées, à attirer de plus en plus de collectionneurs et de commissaires d’art contemporain internationaux...


Dans les années 80-90, les questions que posaient les artistes cubains, René Francisco en tête, était de savoir : Que dire ? Comment le dire ? Ils ont alors réussi à rénover les courants traditionnels de figuration, de l'art politique et de l'art conceptuel - un enjeu commun aux travaux respectifs de René Francisco, Ivan Capote et Esterio Segura. ¿Pa’ Donde Vamos? permet non seulement de réunir les œuvres des ces trois grands maîtres de l’art cubain mais aussi d'apporter un éclairage spécifique sur leur production actuelle. Pour René Francisco : “il y a un esprit cubain dans la peinture. Il y a une école cubaine, qui s’identifie beaucoup avec le savoir-faire figuratif, très conceptuel, peut-être pas d’un conceptualisme pur, comme dans les années 60 aux Etats-Unis,
mais un art, qui est venu de l’école d’art précisément, où on enseignait à voir les choses d’une manière très intelligente. Il ne s’agit pas de peindre pour peindre. Pour les artistes plasticiens, l’idée a toujours été : “pourquoi je vais le faire ?” il y a toujours la question du “pourquoi ?” et ce pourquoi, il continue d’exister à l’école. Alors, il y a une qualité dans l’art cubain car, les artistes cubains sont un peu des chroniqueurs, précisément parce que l’art d’une certaine manière est littéraire. Nous avons une éducation basée sur la réflexion philosophique, très tournée vers la narration et la rhétorique de ce qui est en train de se passer. Nos œuvres racontent toujours
quelque chose. Et cela est une grande qualité de l’art cubain. Mais on constate une évolution. Certains artistes veulent faire autre chose. Avec l'expansion de l’art cubain, beaucoup de jeunes font de bonnes choses nouvelles, et des artistes en pleine maturité restent actifs. Parce ce que l'art cubain a à voir avec l’être humain, avec les conflits de l’être humain. Comme si à Cuba l’art a été quelque chose de vital.”

Dans le sillage de ses aînés, Ernesto Jesus Garcia renouvelle à son tour le genre figuratif et rend hommage à la grande école figurative cubaine. R10, designer et artiste, recycle des images typiques de l’histoire cubaine, extraites de magazines d’époque et parvient toujours, dans ses œuvres, à établir un dialogue étroit avec le présent. Gabriel Sanchez Toledo qui travaillait initialement les paysages a fait évoluer son art progressivement vers l’abstraction. José Ángel Vincench, lui, est un artiste conceptuel qui, contrairement aux représentants "orthodoxes" d'une telle tendance, a toujours intentionnellement "altéré" sa peinture avec des contenus sociologiques, religieux et politiques. Guidé par des questionnements sur la vie sociale cubaine, José Ángel
Vincench s'impose comme un artiste intellectuel, rationnel et analytique qui affirme sa position critique vis-à-vis de l'art. Quant à Liset Castillo, elle crée des œuvres conceptuelles et métaphoriques qui remettent en question de manière formelle la définition et les limites entre la sculpture, la peinture et la photographie. Enfin, Chuli Herrera, le plus jeune artiste de l’exposition, démontre également la capacité de l’art cubain à se réinventer. A travers la peinture, la photographie numérique, et des installations interactives, Chuli se concentre sur les relations sociales, et les ambiguïtés que les nouvelles technologies entraînent, à l’ère des réseaux sociaux.

¿Pa’ Donde Vamos? nous livre ainsi la réflexion de trois générations d’artistes sur leur propre contexte, leur propre réalité sociale et met en avant la capacité de l’art cubain à se réinventer, depuis les années 80. Cette exposition permet de dresser un panorama de l’art cubain dans un contexte historique crucial. Après l’attente de la fin d'un embargo annoncé, ce sont les espoirs d’une jeunesse en pleine mutation - qui rêve aujourd'hui d'une sorte de movida à la cubaine -, que les artistes nous suggèrent ici plus que jamais. Et si, au pays des paradoxes, soutenue par ses principaux protagonistes (les artistes), la culture cubaine n'était-elle pas l'un des plus sûrs rempart contre l'ignorance, une "arme de transmission immédiate" redoutablement efficace ?

Samantha Barroero, Paris, juin 2019.
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Adresse

    Détails

  • 7 Rue des Filles du Calvaire
    75003, PARIS
    France
    0603707826


Ernesto Jesus Garcia, Black Holes, Peinture

Ernesto Jesus Garcia

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Ernesto Jesus Garcia

Black Holes III, 2019
29.5 x 41.5 x 1 cm
Peinture

2 400 €

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Ernesto Jesus Garcia

Black Holes V, 2019
29.5 x 41.5 x 1 cm
Peinture

2 400 €

R10, Tarea completa, Peinture

R10

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Esterio Segura

Pinocchio, 2013
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Gabriel Sánchez Toledo, Sans titre, Peinture

Gabriel Sánchez Toledo

Sans titre, 2017
70 x 100 cm
Peinture

3 600 €

Gabriel Sánchez Toledo, Sans titre, Peinture

Gabriel Sánchez Toledo

Sans titre, 2017
70 x 100 cm
Peinture

3 600 €

Gabriel Sánchez Toledo, Sans titre, Peinture

Gabriel Sánchez Toledo

Sans titre, 2017
70 x 100 cm
Peinture

3 600 €

Gabriel Sánchez Toledo, Sans titre, Peinture

Gabriel Sánchez Toledo

Sans titre, 2017
70 x 100 cm
Peinture

3 600 €

Gabriel Sánchez Toledo, Sans titre, Peinture

Gabriel Sánchez Toledo

Sans titre, 2017
70 x 100 cm
Peinture

3 600 €

Gabriel Sánchez Toledo, Sans titre, Peinture

Gabriel Sánchez Toledo

Sans titre, 2017
70 x 100 cm
Peinture

3 600 €

Gabriel Sánchez Toledo, Sans titre, Peinture

Gabriel Sánchez Toledo

Sans titre, 2017
70 x 100 cm
Peinture

3 600 €

Gabriel Sánchez Toledo, Sans titre, Peinture

Gabriel Sánchez Toledo

Sans titre, 2017
70 x 100 cm
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