• € (EUR)
  • Besoin d'aide

Rencontre avec Studio Iconographia

Photographes et directrices artistiques féministes

Rencontre avec Studio Iconographia - illustration 1

Studio Iconographia, Eat my Dust, Autoportrait en Bugatti d'après Tamara de Lempicka, disponible sur Artsper

Le projet Studio Iconographia, porté par Armâne Magnier et Clémence Rolland, est indépendant et militant. Bousculant les questions de genre et de représentation à travers leur vision picturale de la photographie, le duo combine histoire de l'art et message impactant dans sa production. Appuyés par de la recherche, les portraits d'Iconographia plongent peu à peu le spectateur dans un univers artistique poudré où chacun et chacune trouve sa place. Inspirée par les femmes peintres trop souvent oubliées par l'histoire, Studio Iconographia propose une relecture de chefs-d'œuvres datant de la Renaissance à nos jours. Rencontrez avec Artsper ce duo engagé pour un art inclusif et accessible !  

1. Bonjour Armâne et Clémence ! Pouvez-vous nous parler de votre parcours, entre histoire de l'art et photographie ? Qu'est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans l'aventure Studio Iconographia ?

Nous avons toutes les deux suivi des études en histoire et histoire de l'art, à l'École des Chartes et à la Sorbonne, puis nous avons travaillé ensemble comme conservatrices chargées de valorisation du patrimoine dans une grande institution culturelle. C'est en 2018 que nous avons travaillé ensemble sur un projet photographique pour la première fois ! Dès le début, nous avons remarqué entre nous une véritable stimulation créative et intellectuelle et rapidement nous n'avons eu envie de créer qu'ensemble. Très vite, nous avons adopté un style pictural et une direction artistique poussée, issus de nos études respectives en histoire de l'art. À la fin de l'année 2020, alors que nous recevions de plus en plus de commandes, nous avons eu l'opportunité de quitter nos emplois respectifs pour se consacrer pleinement à Iconographia : nous avons alors créé la société ! 

2. Le nom de votre duo, Iconographia, est évocateur de votre passion pour l'histoire de l'art et de votre expertise dans cette discipline. Pensez-vous qu'il est du devoir des artistes d'interagir avec l'histoire de l'art ? La rendre plus lisible, plus accessible ?

Effectivement, Iconographia signifie à la fois l'art du dessin, la connaissance des arts, l'étude d'un sujet et de ses représentations. Le choix de ce nom s'est imposé comme une évidence au vu de nos inspirations et de notre démarche. S'il nous tient à cœur de partager nos sources et de faire de nos réseaux sociaux un lieu de vulgarisation sur l'histoire de l'art, nous ne pensons toutefois pas qu'il s'agisse, de manière générale, d'un rôle qu'il incombe aux artistes de remplir, mais plutôt d'un travail mené par les institutions culturelles, les professionnel.lle.s des musées, de la culture, les chercheur.euse.s, que nous venons compléter ! En tous cas, nous pensons qu'il est très important de rendre cette discipline plus accessible et inclusive, et d'ouvrir le musée à d'autres horizons. 

3. Dans votre travail, vous mettez en lumière ces personnes - souvent des femmes - qui ont été invisibilisées par les théoriciens de l'art et/ou dont les pièces ont été attribuées à des pairs masculins. Cette vocation de proposer une relecture des chefs-d'œuvre de l'histoire est-elle apparue comme une évidence pour vous ? 

Complètement ! C'est en cherchant des modèles auxquels nous identifier que nous avons trouvé notre bonheur dans les œuvres de femmes artistes. Nous avons constaté que nous trouvons dans le travail de ces artistes des figures inédites, des sujets, des compositions qui nous offrent une grande inspiration. Dans le cadre de notre projet « Peintresses » notamment, nous interprétons, en photographie, une sélection d'œuvres de femmes peintres qui nous parlent particulièrement. L'Autoportrait en Allégorie de la peinture d'Artemisia Gentileschi (1593-1656), et l'Autoportrait en Bugatti de Tamara de Lempicka (1898-1980), sont les deux premières photographies de cette série en cours de réalisation. C'est une façon pour nous de rendre hommage (ou femmage !) à des figures encore méconnues et d'inscrire notre oeuvre, résolument féministe, dans un matrimoine. 

Rencontre avec Studio Iconographia - illustration 1
Rencontre avec Studio Iconographia - illustration 1

À gauche : Détail, I / À droite : Marie-Madeleine pénitente, disponible sur Artsper

4. Le portrait est votre genre de prédilection. Selon vous, dans quoi réside toute la force d'un portrait ?

Nous réalisons beaucoup de portraits, et il est important pour nous de souligner que chaque photographie est le fruit d'un vrai travail de collaboration entre Iconographia et notre modèle. Dans notre œuvre, le portrait prend de nombreuses formes : un détail d'un corps relève pour nous autant du portrait qu'un visage ou un regard. C'est parfois dans l'anonymat qu'on trouve les portraits les plus vulnérables et donc les plus forts. 

5. Quelle est votre période favorite de l'histoire de l'art et pourquoi ?

Nos goûts sont assez hétéroclites et traversent largement les époques. Nous sommes autant inspirées dans les compositions et les sujets par la Renaissance, le préraphaélisme, l'art psychédélique des années 1970, ou encore la peinture flamande. D'un point de vue stylistique, il faut admettre que nous avons un faible pour le clair-obscur caravagesque. C'est d'ailleurs un élément que nous retrouvons dans la plupart de nos photos du point de vue du traitement de la lumière ! 

Rencontre avec Studio Iconographia - illustration 1
Rencontre avec Studio Iconographia - illustration 1

À gauche : Cadres Anciens / À droite : Saint Jean-Baptiste d'après le Caravage 

6. Avez-vous une lecture ou un film fétiche à conseiller à nos lecteurs ?

On a toutes les deux adoré Moi, Tituba, sorcière noire de Salem de Maryse Condé. C'était pour nous une vraie claque, un roman empouvoirant qu'on lit d'une traite sans pouvoir le lâcher. Pour ce qui est du cinéma, Mademoiselle de Park Chan-Wook nous a bluffé pour sa photographie impeccable : rien n'est laissé au hasard et chaque plan est un tableau à l'esthétique magnifique et irréprochable. 

7. Enfin, pouvez-vous nous parler du projet sur lequel vous avez préféré travailler jusqu'à présent?

Dernièrement, nous avons réalisé un projet autour de tirages encadrés dans des cadres anciens. La matérialité de l'œuvre occupe une place importante dans le travail artistique que nous menons. Nous réalisons tous nos tirages nous-mêmes dans notre atelier, sur un papier que nous choisissons pour son grain pictural et sa qualité d'archivage. Nous sommes allées plus loin dans cette démarche en réalisant l'encadrement d'une sélection de photographies dans des cadres anciens chinés par nos soins, et magnifiés par le travail de notre formidable encadreuse, Jeanne Plancke, qui a son atelier dans le 9e arrondissement. C'était un réel plaisir de contrôler de A à Z le processus, de la prise de vue à l'encadrement. Ce projet était également une façon pour nous de filer la métaphore entre le pictorialisme de nos photographies et leur assimilation à des tableaux, de renforcer la comparaison avec la peinture.  


Sélection d'œuvres d'art

Nos recommandations Mairi Timoney, Green II, Peinture

Mairi Timoney

Green II, 2018
40 x 40 cm
Peinture

850 €

Nos recommandations Marian Williams, Oops upside my head, Peinture

Marian Williams

Oops upside my head, 2020
20 x 20 x 0.5 cm
Peinture

Vendue

Nos recommandations Luciano Cian, Kuqala #5, Peinture

Luciano Cian

Kuqala #5, 2021
48 x 36 x 0.3 cm
Peinture

674 €

Nos recommandations Alice de Miramon, Le livre des songes, Peinture

Alice de Miramon

Le livre des songes, 2021
42 x 30 x 0.1 cm
Peinture

950 €

Nos recommandations Sarah Maple, Fighting Fire with Fire, Photographie

Sarah Maple

Fighting Fire with Fire, 2013
61 x 49 cm
Photographie

500 €

Nos recommandations Clare Marie Bailey, White Light, Photographie

Clare Marie Bailey

White Light, 2018
20 x 20 x 1 cm
Photographie

300 €

Nos recommandations Thandiwe Muriu, Camo 2.0 4452, Photographie

Thandiwe Muriu

Camo 2.0 4452, 2018
90 x 60 x 0.3 cm
Photographie

5 300 €

Nos recommandations Li Hui, Connection, Photographie

Li Hui

Connection, 2017
30 x 20 x 0.1 cm
Photographie

900 €

Nos recommandations Charlotte Abramow, Claire et le Lit Bleu, Photographie

Charlotte Abramow

Claire et le Lit Bleu, 2017
50 x 40 cm
Photographie

2 100 €

Nos recommandations Delphine Diallo, The Oracle, Photographie

Delphine Diallo

The Oracle, 2020
90 x 60 cm
Photographie

5 600 €

Nos recommandations Iconographia, Marie-Madeleine pénitente, Photographie

Iconographia

Marie-Madeleine pénitente, 2021
60 x 40 cm
Photographie

350 €

Nos recommandations Iconographia, Allégorie de la création à la grenade, Photographie

Iconographia

Allégorie de la création à la grenade, 2021
59.4 x 42 cm
Photographie

300 €

Iconographia, Le Crépuscule, Photographie

Iconographia

Le Crépuscule, 2021
40.2 x 30 cm
Photographie

340 €

Iconographia, Saint Jean-Baptiste d'après le Caravage, Photographie

Iconographia

Saint Jean-Baptiste d'après le Caravage, 2021
19.8 x 14.7 cm
Photographie

160 €

Iconographia, Vanité au lin bleu, Photographie

Iconographia

Vanité au lin bleu, 2021
23 x 18 cm
Photographie

450 €

Nos recommandations Darika Bakeeva, Girls by the pool, Dessin

Darika Bakeeva

Girls by the pool, 2021
80 x 60 cm
Dessin

560 € 504 €