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Rencontre avec Daria Simone Harper

Journaliste multimédia et rédactrice vivant à Brooklyn, New York

Rencontre avec Daria Simone Harper - illustration 1

Portrait de Daria Simone Harper © Jasmine Rose

La journaliste et écrivaine Daria Simone Harper vit à Brooklyn. Sa spécialité ? Remettre en question les récits dominants dans le monde du journalisme. Elle a écrit pour diverses publications artistiques et culturelles de premier plan et anime son propre podcast, The Art of it All, en s'efforçant toujours de mettre en avant les voix sous-représentées. Rejoignez Artsper pour une conversation passionnante avec Daria sur son travail autour des arts, sa prochaine exposition à Brooklyn et la place des jeunes artistes dans le monde de l'art d'aujourd'hui.

1. Bonjour Daria ! Peux-tu nous parler de ton parcours et nous expliquer comment tu es devenue une journaliste spécialisée dans le secteur culturel ?

Je suis immensément reconnaissante de venir d'une famille qui a toujours valorisé et encouragé l'expression créative. J'ai commencé à prendre des cours de danse dès mon plus jeune âge, avant d'élargir mon champ d'action au chant, de suivre des cours de théâtre et de fréquenter un lycée spécialisé dans les arts du spectacle et les arts visuels, ce qui a complètement changé ma vie.

J'ai également nourri un amour pour la lecture, l'écriture et la narration sous diverses formes tout au long de mes années de formation. Lorsque j'ai déménagé à New York il y a environ sept ans pour étudier le journalisme et le design à la New School de Manhattan, je suis complètement tombée amoureuse de la scène artistique et culturelle de la ville. Chaque semaine, j'assistais à des vernissages, à des spectacles de danse et à des pièces de théâtre expérimental. Que j'aime ou que je déteste ce que je voyais, je me sentais complètement électrisée. Il m'est apparu clairement que c'était l'espace où je devais utiliser ma voix et apporter des nouvelles perspectives aux événements culturels qui façonnaient mon monde.

2. Tu écris pour différents médias artistiques et culturels, mais tu animes également un podcast, The Art of it All. Pourquoi est-il important pour toi d'utiliser différents supports pour t'exprimer ?

Produire et animer The Art of It All est important pour moi car cela me permet d'atteindre un nouveau public qui, autrement, ne s'intéresserait peut-être pas à mes écrits. Bien que je souhaite que mon podcast soit amusant et divertissant, mon espoir ultime est qu'il puisse être une ressource pour les gens. En particulier pour les personnes racisées qui souhaitent faire carrière dans l'industrie artistique. Je voulais créer un podcast qui puisse aider à combler le fossé entourant un monde de l'art souvent exclusif et qui peut sembler inaccessible.

Rencontre avec Daria Simone Harper - illustration 1
Rencontre avec Daria Simone Harper - illustration 1

À gauche : Daria Simone Harper au Modern Art Museum à Fort Worth © Daria Simone Harper. À droite : portrait de Daria Simone Harper © Jasmine Rose

3. Ton travail met en lumière de nombreux artistes émergents. Penses-tu qu'il est de ton devoir de leur donner de la visibilité ?

Ce qui m'intéresse le plus, c'est d'écrire des histoires sur les personnes, les tendances, les perspectives et les histoires qui, selon moi, sont négligées par le monde de l'art et la société en général. Souvent, il s'agit d'artistes émergents, et ce pour plusieurs raisons.

Bien que je sois profondément investie en faveur des artistes émergents, je suis également ouverte aux artistes plus établis dans leur carrière et j'ai déjà écrit sur eux. Je suis reconnaissante envers les artistes avec lesquels j'ai travaillé jusqu'à présent et qui m'ont fait confiance pour les aider à raconter leur histoire, quelle que soit l'étape de leur carrière. En fin de compte, j'aime surtout écrire sur des artistes et des expositions qui ont une réelle signification pour moi.

4. Comment choisis-tu les sujets de tes articles et les artistes dont tu veux parler ?

J'adore cette question et je pense qu'elle s'appuie parfaitement sur ce que j'ai commencé à évoquer dans ma réponse précédente. Il est extrêmement important pour moi d'écrire sur des artistes dont le travail me fascine afin de m'engager avec eux. Que je sois attirée par des éléments thématiques ou formels de l'œuvre d'un artiste, j'aime écrire sur ce qui me fait vibrer. Même si je n'aime pas une œuvre, si elle m'interpelle et me pousse à me poser des questions, c'est sur elle que je veux écrire. Cela dit, pour décider sur quoi écrire, je me fie souvent à mon intuition.

5. Dans quelle mesure est-il important pour les journalistes de parler de la diversité dans l'art ? Est-ce que tu as remarqué un changement dans les récits partagés dans le monde de l'art depuis le début de ta carrière ?

Je considère que mon devoir de journaliste, d'écrivaine et de conteuse est de mettre en lumière la présence des personnes racisées dans le monde de l'art et au-delà. Nous vivons dans un monde qui a tenté à plusieurs reprises d'effacer ou de diminuer notre histoire, nos contributions et notre existence. Malheureusement, chaque industrie et chaque aspect de la société en subit les conséquences. Plutôt que de parler de diversité, j'invite les journalistes à réfléchir de manière plus critique à qui ils donnent la priorité dans leur travail et pourquoi.

Même si j'ai remarqué des changements au fil des ans, je veux m'assurer qu'ils vont se poursuivre dans le temps. Il ne suffit pas de suivre une tendance ou de cocher une case. Nous devons veiller à ce que les histoires d'artistes d'origines, de perspectives et de croyances diverses soient racontées (avec soin !) d'une manière qui aille au-delà des récits ponctuels ou des histoires de diversité. Ils doivent simplement faire partie de la norme.

Rencontre avec Daria Simone Harper - illustration 1
Rencontre avec Daria Simone Harper - illustration 1

À gauche : portrait de Daria Simone Harper © Jasmine Rose. À droite : Daria Simone Harper devant une œuvre de 2018 de Lorna Simpson au Modern Art Museum à Fort Worth © Daria Simone Harper

6. Penses-tu que le marché de l'art est aujourd'hui saturé d'artistes nouveaux et émergents ? Est-il difficile pour les nouveaux artistes de trouver un public et de se faire une place ?

Je pense que tout dépend du point de vue. J'ai l'impression qu'il y a une certaine saturation du marché en ce qui concerne les artistes émergents. Mais je pense qu'il existe aujourd'hui davantage d'outils et de ressources pour aider les artistes à construire et à développer leur public. Aussi difficile que cela puisse être de percer dans n'importe quel secteur, je crois qu'il est extrêmement important de faire preuve de patience. Si on prend le temps de se consacrer à son art, d'affiner sa voix distincte et sa mission, je pense que ce n'est qu'une question de temps avant qu'un artiste et son public ne se rencontrent de manière naturelle.

7. Enfin, as-tu un projet récent ou à venir que tu aimerais partager avec nous ?

Avec plaisir ! Je suis très heureuse de vous annoncer que je ferai mes débuts de conservatrice avec une exposition collective à la galerie HAUSEN à Brooklyn à New York début 2023. L'exposition, qui présente principalement des artistes émergents, est une enquête sur le rôle que les formes de communication non verbales jouent dans les communautés de la diaspora africaine. La présentation s'inspire également de mes antécédents en tant que danseuse et de mon intérêt continu à considérer la nature libératoire du mouvement et du geste. Plus de détails seront bientôt annoncés, alors restez à l'écoute !


Sélection d'œuvres d'art

Pista de baile del club 'Centro Lagunero' (Dance floor of the club 'Centro Lagunero'), Teresa Margolles

Pista de baile del club 'Centro Lagunero' (Dance floor of the club 'Centro Lagunero')

Teresa Margolles

Edition - 40 x 60 cm

6 000 €

Morning light in Nice, Omar Logang

Morning light in Nice

Omar Logang

Peinture - 130 x 230 x 2.5 cm

Vendue