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Yael Shmueli-Goetz nous ouvre les portes de sa maison londonienne

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Photographies de la maison de Yael Shmueli-Goetz © The Interior Photographer

Yael Shmueli-Goetz est la fondatrice du studio de design d'intérieur plainHjem, situé à Londres. Sa pratique, influencée par l'esthétique scandinave et l'approche japonaise Wabi Sabi, allie forme et fonction tout en privilégiant les matériaux naturels. Artsper a eu la chance de discuter avec Yael de son parcours dans le monde du design, des philosophies au cœur de sa pratique, et de son lien personnel avec les beaux-arts.

1. Bonjour Yael ! Merci de prendre le temps de discuter avec nous. Peux-tu nous parler de ton parcours ? Qu'est-ce qui t'a poussée à te lancer dans ce domaine, puis à fonder ton propre studio de design ?

Je suis venue « officiellement » au design assez tard dans ma vie, après avoir travaillé pendant plus de deux décennies comme psychologue universitaire. Mon intérêt pour le design a cependant toujours été présent, comme une force motrice et une grande passion, mais sous la forme d'un simple hobby. C'est le passage de mon aîné à l'école secondaire qui a catalysé mon changement professionnel vers la décoration d'intérieur. Après un cours à la KLC School of Design, j'étais prête à me lâcher dans le monde du design (sans être certaine que le monde du design était prêt à m'accueillir !).

J'ai d'abord travaillé pour un certain nombre de studios en tant que freelance, puis j'ai décidé de faire le grand saut et de fonder mon propre studio, plainHjem. Parallèlement à la réalisation de projets indépendants, je continue à travailler en tant que conceptrice indépendante pour d'autres entités. L'année dernière, j'ai travaillé en étroite collaboration avec une merveilleuse équipe d'architectes chez Jonathan Tuckey Design (JTD), afin de proposer intérieurs bien conçus et esthétiquement équilibrés.

2. Peux-tu nous parler d'un projet dont tu es particulièrement fière ?

Il s'agirait de notre propre maison familiale, car elle a été, et est toujours, un véritable travail d'amour. C'est vrai non seulement en ce qui concerne le design, mais aussi du travail acharné pour en faire un espace accueillant, capable d'évoluer, de changer et de s'agrandir, pour répondre à différents besoins et désirs. Ce ne sera jamais un projet terminé, juste la clôture d'un autre chapitre.

Aucun projet ne ressemble à un autre, chacun présente de nouveaux défis et nécessite une approche différente, ce que j'aime tout particulièrement dans mon travail. Deux grands projets en cours enthousiasmants me viennent à l'esprit : une collaboration avec Brown & Brown Architects sur une nouvelle construction, une maison contemporaine avec une esthétique minimaliste douce en Écosse, et un magnifique manoir classé Grade I dans la campagne anglaise luxuriante, pour JTD.

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Photographies de la maison de Yael Shmueli-Goetz © The Interior Photographer

3. Les valeurs fondamentales de ta pratique sont la qualité et la durabilité, avec un accent sur les matériaux naturels. Considères-tu que la durabilité fait partie intégrante d'un bon design moderne ? Cette valeur a-t-elle toujours été importante pour toi ?

La durabilité est primordiale, même si je suis consciente qu'il est si facile de prendre le train en marche et de ne pas vraiment mettre en pratique ce que l'on prêche. De manière générale, je déteste le gaspillage et je pense qu'il y a tellement de pièces intemporelles, conçues avec soin et fabriquées pour durer, qu'il semble logique et judicieux de privilégier ces pièces, au-delà de leur valeur esthétique. Les intérieurs ne peuvent que être améliorés par l'inclusion de telles pièces. En outre, j'essaie autant que possible de me procurer des textiles et autres finitions durables, mais je pense que nous avons tous un rôle à jouer. Il reste un long chemin à parcourir, c'est un travail en cours ...

4. Ta pratique est influencée par le design scandinave et l'approche japonaise Wabi Sabi. Peux-tu nous en dire plus sur ces philosophies et la manière dont elles s'intègrent dans ton travail ?

Ce que je retiens de ces deux approches du design, c'est l'importance accordée aux matériaux naturels et à l'artisanat, ainsi que la beauté poétique de l'imperfection. La synergie entre le design scandinave et le design japonais est si naturelle en raison de ces valeurs partagées, et bien sûr de leur mantra « less is more ». Je prends grand soin de choisir des matériaux qui célèbrent le lien entre la nature et l'expérience humaine, la texture et le toucher, la granularité et les liens, pour refléter le passage du temps et l'importance de la durabilité.

5. Tes intérieurs intègrent souvent des pièces « milieu du siècle ». En quoi le design moderne du milieu du siècle attire-t-il ton attention ?

D'un point de vue personnel, je pense que c'est en partie parce que j'ai été exposée à ces pièces merveilleuses pendant mon enfance au Danemark. Je pense aux grands noms de l'architecture et du design scandinaves, Hans Wegner, Arne Jacobsen, Bodil Kjær et Grete Jalk, pour n'en citer que quelques-uns. À l'âge adulte, j'ai appris à apprécier le mariage de la fonction et de la forme, un équilibre atteint et illustré par de nombreux éléments classiques et emblématiques du courant moderne du milieu du siècle. Le fait que nombre de ces pièces aient perduré témoigne de leur « succès », et il elles resteront probablement pertinentes dans deux cents ans ou plus. C'est ce qui me séduit tant dans ce courant de design.

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À gauche : photographie de la maison de Yael Shmueli-Goetz, à droite : portrait de Yael Shmueli-Goetz © The Interior Photographer

6. Ton compte Instagram regorge de belles inspirations en matière de design. Trouves-tu que les réseaux sociaux facilitent ton processus créatif ? As-tu d'autres sources ?

Absolument. Même si ma relation avec les réseaux sociaux est plutôt ambivalente, je crois qu'il faut l'assumer et la revendiquer. Je m'inspire beaucoup du travail des autres, qu'il s'agisse de designers, d'architectes, d'artistes ou d'autres créatifs, et je me tourne souvent vers Instagram ou Pinterest, surtout quand je commence les recherches et mon développement d'idées. Cependant, une image ne raconte qu'une partie d'une histoire, une perspective, et il est important de garder cela fermement à l'esprit. Je m'inspire de la vie, et ce que je veux dire, c'est qu'elle englobe tout et n'importe quoi. Il peut s'agir de la façon dont la lumière tombe sur un objet, d'une perspective nouvelle, d'un pavé de granit aux lignes et aux nuances merveilleuses... Il est important d'observer attentivement le monde et de rester ouvert pour recevoir ce qu'il nous donne.

7. Te considères-tu comme une amatrice d'art ? Si oui, les beaux-arts jouent-ils un rôle important dans ta pratique du design ?

Je suis une amatrice d'art même si ma relation avec l'art n'est ni intellectuelle ni complexe. Je ne cherche pas de sens à l'observation de l'art, mais mon « test décisif » est simple : est-ce qu'il me touche ou évoque un sentiment en moi ? C'est une question d'instinct, un peu comme pour le design. Les liens sont énormes entre l'art et le design, et l'art est une source d'inspiration sans fin. Une œuvre d'art est souvent un point de départ pour moi, en ce qui concerne le développement d'un concept de design et/ou d'une palette de couleurs, et je demande à mes clients de nommer leurs artistes ou œuvres d'art préférés dans la phase de brief. Je considère que la plupart des artistes ont un œil merveilleux pour les combinaisons de couleurs et la composition, deux éléments essentiels dans mon travail également.

8. Quels artistes visuels retiennent ton attention en ce moment ?

J'ai récemment découvert le travail d'Anne Rotherstein. J'aime son utilisation des couleurs vives, ses paysages étranges et ses personnages ambigus, seuls ou accompagnés. J'aime aussi le travail de Poppy Jones qui combine la gravure, le dessin et la photographie sur un matériau inhabituel, le daim. Son travail capture un moment, un objet, en jouant sur l'ombre et la lumière. Enfin, le travail de Susanne Wellm combine mon amour des textiles et de la Scandinavie. Wellm parvient à transmettre des fragments de vie d'une manière très engageante, en superposant des images avec des fils textiles, des fils narratifs.

9. Enfin, si tu pouvais concevoir le projet de tes rêves, quel serait-il ?

Une maison sur une falaise isolée en Nouvelle-Zélande ou, plus près de chez moi, en Écosse, avec vue sur un loch ou une île. Elle serait très dépouillée, mais aussi confortable et accueillante, ce qui n'est pas un équilibre facile à trouver. Je ne suis pas sûre que je voudrais y vivre en permanence, mais ce serait certainement un endroit où m'échapper et profiter de la nature sans interruption.

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