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Bienvenue dans le studio d'architecture de Diego Delgado-Elias

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Les projets de Diego Delgado-Elias, photos du haut et en bas à droite © Depasquale + Maffini, photo en bas à gauche © Matthieu Salvaing

Le designer péruvien Diego Delgado-Elias possède son propre studio à Paris depuis 2014. Ayant étudié au Pérou, aux États-Unis et en Europe, Diego mixe les influences de tous les continents, ce qui est devenu sa signature. Des artistes aux familles royales, son style séduit partout. Les compétences de Diego s'étendent également au design, il crée des meubles qui s'intègrent avec élégance et pertinence dans ses intérieurs. Découvrez notre entretien passionnant avec ce touche-à-tout exigeant et inspiré !

1. Bonjour Diego ! Peux-tu nous dire comment tu es arrivé là où tu en es aujourd'hui en tant que fondateur du studio Diego Delgado-Elias ? L'architecture d'intérieur a-t-elle toujours été un choix de carrière évident pour toi ?

Non, pas du tout. J'ai toujours été tiraillé entre l'art et l'architecture. Enfant, j'étais très doué pour le dessin. Je passais toute la journée avec un stylo et un crayon. Mais ce qui est drôle, c'est que je dessinais généralement des bâtiments ! J'esquissais des plans avant même de savoir que mes dessins étaient de véritables moyens architecturaux de communiquer des idées. Après le lycée, je suis entré dans une école d'art. D'ailleurs, ma mère est une peintre de talent. Là-bas, je me suis immédiatement intéressé à la sculpture et au processus qui permet de passer du dessin à l'objet réel. La toile était un peu comme une boîte dont je voulais m'échapper. Pour des raisons personnelles, j'ai dû revenir au Pérou (car j'étudiais l'art aux États-Unis) et mon père a beaucoup insisté pour que j'essaie autre chose que l'école d'art. L'architecture semblait être le choix naturel.

En fait, je suis tombé amoureux de l'architecture dès le premier jour d'école. Je me souviens exactement de mon premier cours ; c'était une introduction à la théorie architecturale et le sujet portait sur l'œuvre de Barragan. La première chose que j'ai apprise, c'est qu'il fallait concevoir les espaces comme une expérience, en jouant avec la lumière et l'échelle pour susciter une connexion émotionnelle.

Ensuite, je suis allé à Miami pour un été et j'ai réussi à obtenir un entretien avec Bernardo Fort Brescia, fondateur d'Arquitectonica. J'ai été embauché tout de suite, d'abord comme stagiaire, puis j'y suis resté quelques années. J'ai toujours été un fan de leurs premiers travaux et Bernardo m'a beaucoup appris. Il est également originaire du Pérou, nous nous comprenions instinctivement. C'était une période d'évolution constante, dans un lieu d'inspiration incessante. Puis, lorsque j'ai décidé de venir à Paris pour mes études supérieures, j'ai eu la chance qu'on me propose de travailler dans le bureau de Paris.

J'ai toujours voulu avoir mon propre cabinet, c'est pourquoi je me suis lancé. Mon premier projet a été mon propre appartement. Ce projet était très différent pour moi car à l'époque, je faisais surtout des immeubles de grande hauteur. Je suis tombé amoureux de cette expérience. Le fait de travailler à plus petite échelle permet d'aller plus loin dans la conception. C'est grâce à ce processus que j'ai découvert que la réalisation d'intérieurs visait à penser aux moindres détails. Désormais, nous choisissons même des œuvres d'art et de la vaisselle pour nos clients.

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Les projets de Diego Delgado-Elias © Matthieu Salvaing

2. Quels mouvements de design ont influencé ton style ?

Je passe par des phases, mais si je dois en choisir une, je dirais le modernisme précoce et ses prédécesseurs. À cette époque, la fonctionnalité et la raison ont été introduites dans la création. J'aime l'idée que le design ne doit pas être simplement esthétique mais répondre à un utilisateur ou à un contexte.

En ce moment, j'étudie les travaux d'Elena Izcue et d'Enrique Seoane Ros, tous deux péruviens. Elena est comme une version péruvienne d' Annie Albers. Elle a repris et retravaillé des motifs précolombiens, des textiles et autres arts décoratifs. Enrique était un architecte, qui a introduit une identité péruvienne dans le modernisme.

3. Peux-tu nous décrire ton processus de conception ?

J'ai un processus de création un peu secret. C'est lorsque je suis seul que je suis le plus créatif. Je vais donc au bureau le dimanche, j'éteins mon téléphone et toutes les autres distractions possibles, je m'enferme dans mon bureau et je fouille dans mes livres. J'ai une assez grande collection de livres de design et d'architecture. Cette activité permet aux nouvelles idées de se former sans le bruit des interactions quotidiennes. C'est aussi mon moment personnel. Avoir une pratique créative n'est pas toujours facile. Je fais en sorte de consacrer un moment à la conception ou à la réalisation de quelque chose de nouveau et d'inattendu.

Je travaille actuellement sur une collection de meubles et c'est le dimanche que la plupart d'entre eux sont façonnés. C'est un projet très personnel puisque je me tourne vers mes racines et la culture péruvienne comme source d'inspiration. Je m'appuie sur l'art andin, ses matériaux, ses couleurs, son iconographie et son savoir-faire. Les Andes m'inspirent plus comme une référence que comme une esthétique. C'est une référence tellement riche : pensez à la céramique, aux textiles, aux métaux, au travail du bois et à bien d'autres choses encore.

4. Parmi tes projets, on retrouve des bâtiments de style haussmannien à Paris datant du siècle dernier. S'agit-il pour toi de restaurer l'existant ou d'inventer du neuf ?

J'aime voir mon travail comme une réinterprétation. Qu'il s'agisse d'un immeuble haussmannien ou d'une nouvelle construction, mon processus de conception commence dès la première visite, et je tire mes idées en fonction de cette première expérience. Tout peut partir de quelques carreaux dans le hall d'entrée, d'une moulure dans la façade ou d'un vieux mur patiné - le projet commence là. Les palettes de couleurs, les idées de matériaux et de styles, tout commence à être réfléchi à ce moment-là.

Bien que mon travail ne soit pas ce que l'on pourrait appeler classique, je suis très classique dans mon approche. Lorsqu'il s'agit de rénovations, j'essaie de respecter autant que possible l'intention de conception originale et la personnalité de l'espace. J'essaie également de recréer cette sensation d'ancienneté, un espace qui a vieilli. Je déteste les intérieurs qui donnent l'impression que l'architecte vient de partir. J'apprécie l'éclectisme, et je crois que c'est ce qui donne une personnalité à un lieu. C'est ce mélange imparfait et inattendu de matériaux, d'objets et de styles qui peut donner du caractère à un espace.

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Les projets de Diego Delgado-Elias © Matthieu Salvaing

5. Originaire du Pérou, tu as travaillé dans le monde entier avant de t'installer plus récemment à Paris. Ton héritage péruvien a-t-il une influence sur ton design ?

Sans aucun doute. Mes racines péruviennes influencent mon travail, mais pas de manière explicite, il s'agit plutôt d'une réinterprétation de mon héritage avec mes propres expériences, issues du temps où j'ai vécu au Pérou ou dans d'autres endroits. Je dirais que mon travail est très personnel et qu'il reflète mes expériences vécues. Il est rempli de nostalgie. J'ai grandi à la campagne dans une vieille hacienda dans le désert du Pérou. Je pense souvent aux après-midi ensoleillés, aux eucalyptus et à l'odeur des pipes de tabac dans le bureau de mon grand-père, aux températures parfaites grâce aux grands murs épais en adobe et au vent qui souffle à travers les vieilles fenêtres. Je pense que l'on peut dire que mon travail est une recherche constante de ce sentiment passé. Mais évidemment, il faut l'adapter aux fonctions, au contexte et au cahier des charges du client.

Le Pérou est un pays tellement magique, et j'ai la chance d'avoir eu l'occasion d'en visiter différentes parties. Lima est une ville avec beaucoup d'influences de différentes périodes. Il y a les Incas avec leurs Huaca et l'architecture coloniale espagnole. On peut y trouver tous les mouvements architecturaux : art déco, modernisme, brutalisme et bien d'autres encore. Tout cela dans un magnifique chaos organique qui a été dicté par le contexte social, économique et politique. Cela rend la ville pleine de contrastes et de mysticisme, ce qui a permis l'apparition de certains mouvements locaux fascinants, comme l'architecture chicha par exemple.

Toutes ces expériences continuent de nourrir mon processus créatif d'une manière ou d'une autre. Mon plus grand défi est d'amalgamer tout cet héritage avec les expériences dont je tire des enseignements aujourd'hui pour alimenter mon travail. C'est une tâche qui m'occupe en permanence.

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