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Les milliers de stickers qu'il a produits sont néanmoins un bon point de départ pour qui veut comprendre sa manière d'envisager la discipline artistique. Le collage, le marquage d'un territoire grâce aux stickers se rapporte non pas à une volonté de démonstration égocentrique mais à l'affirmation de la beauté dans ce qu'elle a parfois de plus incongru et quand elle se loge là où on ne l'y attend pas. Ces espèces de tatouages urbains, Jean-Luc Moerman les a transformés par la suite en ce qu'il nomme les « hybrides ». Son art devient viral au sens noble du terme ; l'artiste a besoin d'espace, sa peinture a besoin de s'épancher. Les formats s'agrandissent et les lignes se développent comme des lianes ; l'œuvre de Moerman fait désormais appel de manière inextinguible à l'organique. On dirait presque que sa peinture lui est dictée ; cela rappelle les influences chamaniques de l'expressionniste abstrait Pollock.
L'artiste offre au regard des lignes épurées car chacune d'elles semble être agencée naturellement dans un enchevêtrement organisé. Les traits, colorés ou non défient le spectateur tant ils semblent avoir leur propre individualité. Les évocations sont nombreuses mais laissées à la libre interprétation. Car plus qu'un plaisir visuel, les hybrides de l'artiste sont une porte d'entrée vers l'imagination, la révélation. Le foisonnement des formes fait écho à celui des idées et des tourments de chaque individu. L'oeuvre de Moerman est en quelque sorte une porte d'entrée vers l'Indicible.
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