Dans Dessins, Panoramas 2025, Christelle Lenci déploie un monde où les corps deviennent des paysages, où le désir se transforme en terrain, et où l’encre semble presque vivante. Ses encres de Chine vibrent entre tendresse et violence, brouillant la frontière entre énergie érotique et instinct physique brut. À travers des silhouettes puissantes et allongées et des compositions fiévreuses, Lenci explore la sensualité non comme un ornement, mais comme une force — libre, dévorante et farouchement féminine.
Les dessins de Christelle Lenci naissent d’une encre qui semble respirer, se répandre et palpiter. Les figures — des femmes dont les membres s’étirent comme des racines, des flammes ou des lames nocturnes — ne sont pas des sujets passifs, mais des êtres chargés d’une puissance propre. Elles se dévorent, fusionnent, se renversent les unes dans les autres, formant une forêt visuelle dense où la chair devient paysage et le désir s’impose comme climat. Leurs corps se plient, se vrillent, se superposent, créant des panoramas d’intensité érotique à la fois intimes et mythiques.
Les œuvres font écho à ce que Pierre Vavasseur décrivait : une « encre qui déchire la nuit », des femmes surgies de leurs propres profondeurs, guidées par la faim, le plaisir et la souveraineté. Les figures de Lenci ont quelque chose de la louve, du démon, de la rêveuse — mais jamais de la victime. Elles saignent, mais c’est un sang qu’elles gouvernent. Elles dévorent, mais sans jamais s’anéantir. Leur plaisir n’est pas une réaction : c’est un point de départ.
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