Une rencontre avec Ambre Chalumeau : Chroniqueuse de la rubrique Culture de l’émission Quotidien

Ambre Chalumeau dans l'émission Quotidien © Ambre Chalumeau

Cette semaine, Artsper a eu l'opportunité de rencontrer Ambre Chalumeau, chroniqueuse dans l'émission Quotidien où elle est responsable de la chronique « La Bac » (Brigade des Affaires Culturelles) et créatrice du compte @destableauxpartout, qui permet de transposer avec humour et charisme des œuvres d'art dans la vie réelle. Elle nous emmène à travers son parcours personnel et professionnel où les sorties dans les cinémas du Quartier Latin et les musées parisiens se sont posés comme une porte d'entrée dans le monde de la culture et de l'art.

1. Bonjour Ambre ! Peux-tu présenter et nous expliquer ton parcours ?

Je m'appelle Ambre, je n'ai pas de deuxième prénom parce que, argument de ma mère : « on a déjà assez galéré à en trouver un », j'ai 26 ans, j'ai grandi à Paris, et je suis arrivée dans l'émission Quotidien il y a 3 ans pour m'occuper de la rubrique culture, ce qui est un privilège assez dingue. Avant ça j'ai fait une prépa littéraire, dans laquelle j'étais vraiment nulle, puis je suis allée finir mes études au CELSA, en section Étude des médias. J'ai fait mon stage de fin de master au magazine Society, une expérience géniale. J'ai même réussi à fourguer à So Film un énorme dossier sur La Boum à l'occasion des 40 ans de sa sortie, ce qui était un peu un but de vie… Et là-bas j'ai rencontré Marc Beaugé, qui en plus d'être brillant est aussi incroyablement bienveillant, et m'a proposé un jour de me présenter le rédacteur en chef de Quotidien. Et on s'est vite retrouvés à parler de culture parce que … bah je sais pas parler de grand chose d'autre je crois…  

2. Tu travailles dans l'émission « Quotidien » en tant que chroniqueuse. Comment construis-tu tes chroniques ? Qu'est-ce qui t'inspire ?

L'idée c'est de traiter l'actualité culturelle, ou bien alors l'actualité, mais par le biais de la culture. Donc soit on décide de couper de l'actualité brûlante pour faire une parenthèse de beau, parler d'un(e) peintre qui fait l'objet d'une expo, de la rétrospective d'un(e) cinéaste, d'un nouveau livre qui sort, d'une tendance dans le milieu de l'art… Ou bien on trouve comment éclairer l'actualité par le biais de la culture, qui est souvent une clé de lecture très pertinente. Si on parle de la guerre en Ukraine, la question de la culture et l'identité ukrainienne, c'est super intéressant. Si on parle de violences policières, il y a énormément d'artistes qui ont traité la question, et dont on peut se faire le relais. Et puis la culture connaît en ce moment plein de mutations, on pratique de nouvelles lectures, féministes, inclusives, il y a aussi toute la question du soft power… Je crois que ce que je préfère, c'est faire des portraits d'artistes ou recommander des vieux livres que j'ai aimés, et essayer de transmettre cet enthousiasme. Quand des gens me disent qu'on leur a donné envie d'essayer une œuvre ou un(e) artiste, et qu'ils ont adoré, c'est le meilleur compliment.  

À gauche : Ambre © Ambre Chalumeau / À droite : Le nouvel an x Bacchus Buvant, Guido Reni, 1623 © Ambre Chalumeau

3. Tu alimentes également un compte instagram, @destableauxpartout, sur lequel tu fais avec humour le lien entre des images du quotidien et des œuvres d'art. Comment t'es venue cette idée ? Selon toi, les réseaux sociaux sont-ils indispensables pour faire valoir l'art et la culture auprès des plus jeunes générations aujourd'hui ?

Le point de départ, c'est quand mon rédacteur en chef m'a fait découvrir le peintre Wayne Thiebaud. J'ai vu un de ses tableaux de cendriers, je me suis dit que ce serait marrant de l'apposer à une photo comme un miroir... Puis j'ai vu un de ses tableaux de chaussures noires, et j'ai remarqué que Paul Gasnier avait les mêmes : j'ai pris une photo, ça a été le premier montage du compte. Depuis j'ai mis plein de tableaux de côté sur mon ordinateur, et je les cherche dans la vraie vie, façon Pokémon go, ou bien parfois je les recrée.  

Les réseaux sociaux sont une incroyable carte à jouer pour relier les gens à l'Art. Les musées c'est évidemment merveilleux, mais il faut habiter à côté, oser y aller… Là non seulement tout est accessible, mais surtout il y a plein de gens tellement créatifs pour faire découvrir des œuvres, je suis hyper admirative. C'est clairement un des meilleurs côtés des réseaux sociaux. Sur Instagram je suis par exemple le compte awarewomenart et thegreatwomenartists, qui me font découvrir plein de femmes fascinantes. Pour l'Histoire de la mode, j'adore le compte sapecommejadis, brillant et super marrant. Et sinon il y a des comptes comme matchwithart, arts_and_ads ou artbutmakeitsports, qui proposent des formats hyper ludiques, marrants, compréhensibles par tous, mais qui sont en fait des vrais Chevaux de Troie artistiques : n'importe qui peut découvrir par hasard un tableau, flasher dessus, googler le nom de l'artiste… C'est autant de portes d'entrées possibles.

4. Quel est ton rapport personnel à l'art ? Dans quel lieu artistique peut-on te trouver dans ton temps libre ?

Quand j'étais étudiante ou pigiste et que j'avais plein de temps libre je passais énormément de temps dans les cinémas du Quartier latin qui projettent des vieux films, aux séances du soir ou bien de l'après midi quand il n'y a personne. J'ai pris des claques incroyables, j'adorais ça à un point vraiment gigantesque.  

Et en grandissant j'ai pu profiter du maillage privilégié de Paris en matière de musées et de galeries. J'aime beaucoup par exemple la Galerie de l'Instant, qui a toujours de super expos ; j'adore les expositions de la Philharmonie de Paris, qui sont toujours des expositions d'atmosphère, d'ambiance, c'est une vraie piste à explorer pour ramener les jeunes dans les musées. Et sinon je crois que mon musée préféré, c'est le Musée des Arts Décoratifs. Je suis super admirative de leurs scénographies, surtout pour leurs expos de mode. Celles sur Harper's Bazaar et sur Schiaparelli étaient exceptionnelles.

À gauche : Les chaussures de Paul G. x Black Shoes, Wayne Thiebaud, 1963 © Ambre Chalumeau / À droite : Le lavage de cheveux, 2023 x Self Portrait, Abdul Mati Klarwein, 1957 © Ambre Chalumeau

5. Chez Artsper, on aime se dire qu'on rend l'art contemporain un peu plus accessible à tous. Quels conseils donnerais-tu aux jeunes passionnés d'art et de culture qui aimeraient se lancer dans ce milieu ?  

Je dirais d'abord de bouffer plein de culture, de faire feu de tout bois. Aujourd'hui il y a une offre dingue à portée de clics, entre les documentaires, les chaines YouTubes, les sites comme Artsper ou Google Arts and Culture, les MOOCs en ligne comme ceux du Centre Pompidou… Tous les grands artistes ont d'abord été des grands fans, les grands auteurs des grands lecteurs. Je dirais aussi de ne rien s'interdire, ne pas se dire qu'on est « pas assez intelligents pour », « pas assez cultivés pour » essayer un contenu culturel. Vénérer un artiste c'est une chose, le sacraliser jusqu'à le rendre inaccessible c'est dommage. En Cinéma, en Art, en Littérature, il y a de toute façon trop de contenus qui ont été créés pour qu'on puisse tous les consommer en une vie, donc autorisons nous à ne passer que des bons moments avec, et à privilégier ceux qui nous plaisent. Et il y a tellement d'artistes moins connus qui méritent de l'attention ! C'est vertigineux, et les médias traditionnels n'en parlent malheureusement pas forcément, alors il faut absolument que plein de gens en deviennent des fans, des spécialistes, en fassent la recommandation à leur entourage, et deviennent des relais d'enthousiasme.

6. Collectionnes-tu l'art à titre personnel ? Quels sont les artistes contemporains qui te font vibrer ?  

Je ne suis pas encore une vraie collectionneuse, mais j'ai la chance d'avoir déjà reçu de très, très beaux cadeaux. Une photo géniale de Sylvie Vartan par Jean-Marie Périer, une photo des Beatles par David Bailey, une toile de Guy Peellaert… Pour l'instant c'est ça mes trésors, c'est déjà une énorme chance.  

Si je pouvais, j'achèterais des photos de photographes japonais, comme Daido Moriyama. Des toiles de Ana Eva Bergman, bleues noires dorées et argentées… Une grosse citrouille de Yayoi Kusama… Des tableaux de Wayne Thiebaud, ou de Jean Philippe Delhomme, j'aime beaucoup ses portraits ou bien ses stations essences californiennes … J'adore aussi le travail de la jeune artiste Sacha Poliakoff, et je viens de découvrir la peintre Mary Clerté, ses femmes au rouge à lèvre barbouillé feraient des trop bonnes couvertures de polars noirs féministes…

À gauche : Ambre © Ambre Chalumeau / À droite : Le jeu de mikados x Broadway Boogie-Woogie, Piet Mondrian, 1943 © Ambre Chalumeau

7. Peux-tu nous parler d'un projet futur sur lequel tu travailles, ou aimerais travailler ?  

J'aimerais avoir plus de temps pour mon compte @destableauxpartout, ce qui serait idéal ce serait de faire à chaque fois des petites fiches sur les artistes que je montre… mais pour l'instant c'est malheureusement un peu utopique.

8. Si tu pouvais dîner avec une personnalité du monde de l'art (vivante ou décédée), qui serait-ce et pourquoi ? 

Un choix à la fois kiffant et malin, ça pourrait être Jean-Paul Gaultier. Il est hilarant, généreux, passionnant à écouter, on pourrait parler à la fois de mode, de musique, de cinéma, d'art, de littérature… et de tous les gens incroyables qu'il a côtoyés. Aucun risque de s'ennuyer, et je m'enhardis à penser qu'il fait partie de ces idoles que l'on n'est pas déçu de rencontrer.  

Jean-Paul, si vous me lisez, je maîtrise le poulet au citron et la parmigiana, vous venez dînez QUAND VOUS VOULEZ.


Sélection d'œuvres d'art

Édition, La Fille aux bas de soie sur le Tabouret / The Girl with silk stockings sitting on the stool - 1910 (Sitzende mit gerafftem Rock / Seated Female Semi-Nude in Patterned Dress, Her Head Resting on Her Right Knee), Gustav Klimt

La Fille aux bas de soie sur le Tabouret / The Girl with silk stockings sitting on the stool - 1910 (Sitzende mit gerafftem Rock / Seated Female Semi-Nude in Patterned Dress, Her Head Resting on Her Right Knee)

Gustav Klimt

Édition - 87 x 59 cm Édition - 34.3 x 23.2 inch

1 690 €

Édition, Les amoureux / Lovers - 1909, Egon Schiele

Les amoureux / Lovers - 1909

Egon Schiele

Édition - 54 x 50 cm Édition - 21.3 x 19.7 inch

990 €

Édition, Empreinte I, Simon Hantaï

Empreinte I

Simon Hantaï

Édition - 19.5 x 13 x 1 cm Édition - 7.7 x 5.1 x 0.4 inch

2 400 €

Photographie, Porto Ercole - 1973 Slim Aarons Limited Edition Estate Stamped Print, Slim Aarons

Porto Ercole - 1973 Slim Aarons Limited Edition Estate Stamped Print

Slim Aarons

Photographie - 152.4 x 101.6 cm Photographie - 60 x 40 inch

3 550 €

Photographie, Dolores Guinness - Slim Aarons Limited Edition Estate Stamped Print, Slim Aarons

Dolores Guinness - Slim Aarons Limited Edition Estate Stamped Print

Slim Aarons

Photographie - 101.6 x 101.6 cm Photographie - 40 x 40 inch

4 378 €

Édition, The Youth (John Cheim), Alice Neel

The Youth (John Cheim)

Alice Neel

Édition - 96.5 x 61 cm Édition - 38 x 24 inch

9 216 €

Édition, Couple Endormi, 1909 | Sleeping Couple, 1909, Egon Schiele

Couple Endormi, 1909 | Sleeping Couple, 1909

Egon Schiele

Édition - 50.5 x 47 x 1 cm Édition - 19.9 x 18.5 x 0.4 inch

Vendue

Édition, La chevelure, Henri Matisse

La chevelure

Henri Matisse

Édition - 69 x 49 x 0.1 cm Édition - 27.2 x 19.3 x 0 inch

1 200 €

Photographie, Record No.6, Daido Moriyama

Record No.6

Daido Moriyama

Photographie - 17 x 24 cm Photographie - 6.7 x 9.4 inch

2 700 €

Édition, Untitled, Alexander Calder

Untitled

Alexander Calder

Édition - 65 x 49.7 cm Édition - 25.6 x 19.6 inch

6 000 €

Édition, Harbor 10, 2006, Alex Katz

Harbor 10, 2006

Alex Katz

Édition - 60 x 50 x 0.1 cm Édition - 23.6 x 19.7 x 0 inch

6 200 €

Édition, Figures on beach, Alex Katz

Figures on beach

Alex Katz

Édition - 34.8 x 50 x 0.1 cm Édition - 13.7 x 19.7 x 0 inch

5 000 €

Édition, Le tablier, Simon Hantaï

Le tablier

Simon Hantaï

Édition - 27.5 x 21 x 1 cm Édition - 10.8 x 8.3 x 0.4 inch

2 200 €

Design, Pumpkin Yellow, Yayoi Kusama

Pumpkin Yellow

Yayoi Kusama

Design - 7.5 x 9.5 x 7.5 cm Design - 3 x 3.7 x 3 inch

400 €

Édition, Orange Building, 2019, Jean-Philippe Delhomme

Orange Building, 2019

Jean-Philippe Delhomme

Édition - 29 x 36 cm Édition - 11.4 x 14.2 inch

420 €