Mono Rose - Serie Juillet 01, 2012
Peinture : acrylique, encre · 162 x 114 x 3 cm 63.8 x 44.9 x 1.2 inch
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À propos de l'œuvre
Type
Peinture : Œuvre unique
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Oeuvre signée à la main
Dimensions ( cm • inch )
162 x 114 x 3 cm 63.8 x 44.9 x 1.2 inch Hauteur x Largeur x Profondeur
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Description
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Les œuvres enroulées peuvent être facilement étirées (pour les œuvres en toile, c'est-à-dire placées sur des barres de civière en bois) et/ou encadrées par un encadreur local à leur arrivée.
Guillaume Moschini est un artiste abstrait français encadré par les artistes Supports/Surfaces internationalement reconnus Claude Viallat, Patrick Saytour et Vincent Bioules.
Tout comme Helen Frankenthaler, le travail de Moschini dépend du processus : une toile brute non apprêtée, un pigment dilué (encres mélangées, acryliques et diluants à peinture) et le phénomène inconscient qui se produit tout au long du processus de création artistique.
Dans son atelier organisé, il construit des compositions de couleurs, de teintes transparentes, de superpositions et de formes.
Les pigments liquides se fondent dans la toile brute avec une intention précaire.
La méditation sur les bons outils, l'équilibre des couleurs, la forme et le flux de matière est sa stratégie.
La palette de Moschini est réinventée par série, tantôt vibrante tantôt feutrée.
Conceptuellement, le travail de Moschini fait écho au minimalisme de Kenneth Noland sans la contrainte de la planéité. Ses variations de transparence dans le champ chromatique et ses superpositions transparentes réinventent une approche contemporaine et singulière. Moschini réfléchit sur une période de l'histoire de la peinture qui a remis en question sa définition.
Présentation
Guillaume Moschini vit et travaille à Paris, né à Nîmes en 1970, il a étudié à l’école des Beaux-Arts de Nîmes et a bénéficié de l’enseignement de Claude Viallat et Patrick Saytour. Guillaume Moschini travaille autour d’un geste, d’une teinte, dans une matière toujours très liquide, mêlant à l’envie encres, acrylique et alcool à brûler. Se ressaisissant de la question des limites du champ de couleur, sa peinture se déploie suivant un jeu de formes rectangulaires, qui ne sont plus aplats colorés mais traces d’un unique coup de pinceau. L’artiste a longtemps préféré des châssis plutôt étroits facilitant la réalisation de cette trace originelle dont la largeur est strictement déterminée par celle de la brosse, dans une optique assez proche de celle de Niele Toroni. Par une succession de corrections de coulures intempestives, ces formes ont parfois envahi la toile pour tendre vers le monochrome. Ressentie comme une obsession, cette pratique fut une étape cruciale dans sa nouvelle appréhension du grand format, qui caractérisait déjà ses premières œuvres – peintes sur des bâches de six mètres de long à l’aide de balais et largement influencées par les abstraits américains, celles-ci découlaient d’une première recherche de vastes étendues de couleurs et du désir d’entrer dans la toile. Pour transposer son travail sur de grandes dimensions, Moschini a commencé par assembler deux châssis. Il a dès lors pensé ses toiles non plus dans la hauteur mais dans la longueur, les possibilités de leur agencement initiant de nouveaux rapports de couleurs, de composition, voire d’échelle. Au sein de ses quasi monochromes, les formes sont réapparues en réserve de la toile, cette émergence s’accompagnant d’une transcription de sa peinture en dessin, offrant maintes variations autour desquelles l’artiste s’est amusé. Parvenu à une certaine maîtrise de cette trace mue en forme, il put dès lors la développer sur n’importe quel format ou support. Le besoin absolu de netteté excluant des allers-retours répétés du pinceau, l’artiste emploie des brosses industrielles de plus en plus larges : l’outil est important, la méthode compte. Mais rompant avec plaisir la continuité du trait pour être moins littéral, il continue aussi à utiliser de plus petites brosses. L’histoire d’une forme est ainsi tracée, retracée, en changeant la manière de la produire. Le choix de la position de la trace se fait uniquement à l’œil et non suivant un dessein ou un dessin précis. Elle traverse la toile, peu importe où. La seule règle est la recherche d’un équilibre entre les deux traces, sans qu’elles aient pour autant la même dimension. Le grand format l’a obligé à poser ses toiles sur une table et à travailler à partir des quatre côtés, dans un engagement physique intense qui, paradoxalement pour cet ultra perfectionniste, permet un contrôle plus évident que dans ses plus petits formats. Il se surélève par l’entremise d’un petit banc pour poser la brosse avec la plus grande délicatesse : si le geste est fondateur de la démarche, celle-ci se construit cependant à l’encontre de toute gestualité expressionniste. De même, il protège la première trace des éclaboussures, certaines étant toutefois conservées, si tant est qu’elles participent de la stabilité du tableau. Elles fonctionnent alors comme une écriture, un lavis, un accident que l’on pourrait dire obsessionnellement contrôlé, pouvant même constituer le point de départ d’un tableau. Et l’artiste de jouer avec ce piège, entre pesanteur et apesanteur. Dans ce travail fondé sur l’exigence, l’inconscient œuvre donc aussi : « ma peinture est organique » déclare Moschini. Il travaille par séries, mais au sein desquelles chaque tableau demeure indépendant et non nécessairement destiné à être présenté au sein d’un ensemble préétabli. Les pièces peuvent ainsi fonctionner par trois, leur association ou disjonction étant déterminée en les observant dans leurs rapports spatiaux et colorés. Si le travail sur la forme est fondamental, il est en effet prétexte à la couleur, véritable projet de Moschini, dont la démarche a pour objet, pour motif, la communication entre deux couleurs, l’invention, la découverte d’une nouvelle couleur ! Y compris celle, non perceptible au premier regard, résultant de ces associations infiniment variables... Pour que deux couleurs s’apparient, cela requiert en première instance un juste équilibre entre les formes, partant du postulat que ce qui n’est pas peint est aussi important que ce qui l’est. L’harmonie logique des couleurs, parfois dissonantes, engage ensuite l’évolution d’une série ou de la suivante. Fasciné par la peinture répétitive, Moschini développe un goût de plus en plus prononcé pour le minimalisme et la radicalité. Dans cette volonté d’aller droit au but en étant le plus léger possible, les toiles sont souvent non préparées pour recevoir des jus tout en transparences, dans la suite des expérimentations de Marc Devade. Et s’il y a de moins en moins de teintes, la couleur n’est pas perdue, mais au contraire de plus en plus lumineuse. Le geste de Moschini est porteur d’une émotion, d’une tension qui ne naissent qu’à travers des jeux d’équilibres et de déséquilibres entre formes et couleurs, excluant tout systématisme. S’il a toujours été question d’esthétique dans ce travail, on n’y décèle nul esthétisme puisque ce n’est guère la beauté des couleurs qui est visée, mais leur fragile balancement, dépendant des contextes d’exposition et du regardeur qui en capte et recrée les valeurs à chaque instant. Aurélie Barnier, juin 2014
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