Sculpture Bronze
Marion Motin est une danseuse et chorégraphe française reconnue pour les clips iconiques de Stromae, Christine and the Queens ou Angèle. Figure majeure du hip-hop contemporain, elle prépare actuellement Narcisse, un spectacle sur le culte de l’image présenté au 13e Art à Paris en juin 2026.
1. Quel est votre tout premier souvenir lié à l’art ?
Marion Motin : Petite, on allait à Valderoure chez des amis et il y avait la Fondation Maeght où se trouvaient les œuvres de Giacometti.
Mes parents nous traînaient dans des musées, je détestais ça, et ce jour-là je boudais fort. Mais je me rappelle très bien des sculptures immenses.
Cet artiste me hante encore. Je prenais la mesure de ce qu’est l’art. J’étais dissociée en deux : subjuguée par tant d’intensité et de beauté, et énervée juste par principe.
2. Aujourd’hui, quelle est votre relation à l’art ?
Marion Motin : J’adore l’art. Enfin, je ne l’adore pas seulement, je le trouve indispensable, magique, puissant. Il est partout, depuis toujours. Je ne conçois pas une vie sans.
L’art dans un objet de décoration, dans une mise en scène, un livre, une pièce de mode ou un poème… L’art de vivre aussi, l’art de la pensée. Il est partout et je l’aime infiniment.
Je pense qu’il me sauve tous les jours en m’aidant à poser un regard différent sur le monde, sur sa cruauté, en me permettant d’y voir la beauté ou de sublimer des situations insoutenables.
L’art, pour moi, c’est ce regard que l’on porte sur la vie.
3. Comment décririez-vous votre univers artistique à quelqu’un qui ne vous connaît pas ? Qu’est-ce qui fait votre singularité ?
Marion Motin : Ma singularité est dans ma façon de voir les choses et de les sublimer. Par exemple, je déteste la violence mais j’adore en voir dans mes pièces car elle est mise sous un autre angle me permettant de la tolérer.
“C’est pour de faux”, alors ça me rassure même si, sur le moment, je veux y croire.
J’ai une perception du corps et de la musique comme si l’on était une caisse de résonance et que les organes venaient jouer cette musique qui frappe le corps.
Elle entre dans les entrailles et joue sa mélodie au travers des cellules. Mes mouvements sont dits organiques car c’est vraiment vécu, c’est un voyage sensoriel. Un pas ne peut pas être un autre : il a un sens, une matière, une raison.
J’aime aussi l’art en général donc je m’amuse avec la lumière, le costume, la scénographie, la voix, la musique, le jeu, l’écriture.
Je voudrais m’amuser avec la science maintenant. Expérimenter scientifiquement avec l’art comme médium.
4. Qu’est-ce qui vous inspire au quotidien ? Où trouvez-vous vos idées ?
Marion Motin : Déjà, il y a l’envie. Mon moteur, c’est le plaisir. Si je suis mal, je ne peux pas créer mais ça m’inspirera pour après. Ce sont souvent des moments de vie qui m’inspirent.
Récemment, j’ai créé une pièce dans ma tête quand j’étais au sauna. L’endroit était beau et intriguant, ça m’a beaucoup inspirée.
J’aimerais même que ce soit Ora Ito qui s’occupe de créer le sauna avec toute la rondeur qu’il maîtrise… mais ça, c’est dans ma tête, comme un secret que je vous partage.
Après, je déroule le fil. La marche, seule. La “ride”, comme on dit. Les gens, une rencontre, une conversation. Puis je vais chercher dans le naturel animal car leur mouvement est dénudé de toute posture.
5. Quels sont les artistes que vous aimez ? Qui vous touchent ? Pourquoi ?
Marion Motin : J’aime énormément David Lynch car il a une singularité très forte, un univers puissant qui laisse une trace sonore, sensorielle, visuelle.
Un mood très particulier. Pas trop explicatif aussi, et j’aime être laissée avec mes interrogations. Me faire mon propre film et en discuter avec les autres.
Wajdi Mouawad aussi, auteur et metteur en scène brillant et libre. Ses livres me font pleurer à chaque fois et ses pièces me font rire, voyager. C’est si vrai et si abstrait à la fois.
Marco Goecke, chorégraphe très singulier, avec une gestuelle incroyable que je ne revois nulle part ailleurs. Je vois des oiseaux qui dansent. J’aime qu’il y ait une évolution narrative dans un spectacle.
Et Valentine Schlegel avec ses cheminées extraordinaires. L’art de la mise en scène d’une maison. Je suis fan absolue de sa manière de sculpter le plâtre. Libre.
6. Pour finir, quelles sont vos prochaines actualités ? Vos projets à venir ?
Marion Motin : Je prépare ma pièce Les Affamés au Théâtre du Châtelet du 21 au 24 mai et à la Scala Provence du 4 au 12 juillet pour le Festival d’Avignon.
Je prépare aussi la cérémonie d’ouverture du Top 14 au Stade de France. Je joue ma pièce Narcisse au Théâtre du 13e Art du 17 au 27 juin. Je danse également dedans.
Puis je me repose et profite de mon fils et de la maison. J’aimerais refaire une table de jardin avec du tadlac et couvrir ma terrasse de céramique.
Design . 78 x 46 x 49 cm Design . 30.7 x 18.1 x 19.3 inch
4 200 €
Peinture . 100 x 100 x 3 cm Peinture . 39.4 x 39.4 x 1.2 inch
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