Sculpture Bronze
De la Guadeloupe à Paris, le médaillé olympique Enzo Lefort partage sa vision artistique et sa passion pour la photographie, explorant comment l’escrime a façonné sa créativité. Ses portraits d’athlètes ont été exposés à Paris lors des Jeux olympiques 2024, révélant le lien entre sport et art.
1. Parlez-nous de votre tout premier souvenir lié à l’art ?
Enzo : J’ai grandi en Guadeloupe, où l’accès à l’art n’est pas aussi aisé qu’en France Hexagonale. Mon premier souvenir à l’art a été la visite du Louvre, avec mes parents et ma soeur au cours de l’été 2001.
Depuis tout petit, je suis passionné par l’univers de la Rome antique et la mythologie grecque. Je me souviens avoir été émerveillé d’enfin découvrir “en vrai” les sculptures que je voyais depuis des années dans les magazines.
2. Aujourd’hui, quelle est votre relation à l’art ? En quoi l’art est-il important dans votre vie ?
Enzo : Aujourd'hui l’art est quasi omniprésent dans ma vie. À mon domicile, où je vis avec ma femme et ma fille, on a plus d’une centaine de “Beaux livres” en tous genres, ainsi que des peintures, des photos et quelques pièces de designer en tout genre.
Sur notre temps libre ou en vacances, on aime beaucoup aller voir des expositions, en compagnie de notre fille, à qui nous avons transmis le virus.
Ma femme et moi exercant tous deux des métiers créatifs, nous sommes sans cesse en quête d’inspiration pour notre travail, ce que l’art nous fournit immédiatement.
3. Quels sont les parallèles entre votre travail de photographe et votre métier d’escrimeur ?
Enzo : Je pense que la photographie m’a rendu meilleur en escrime et que le fait d’être escrimeur me confère des qualités importantes en photographie. Je m’explique. En escrime on cherche le bon moment pour déclencher son attaque tout comme on cherche le bon moment pour déclencher son appareil photo et ainsi capturer l’image qu’on souhaite. Ma rapidité d’action et ma gestion du stress développées grâce à l’escrime me permettent également d’être agile dans des contextes de shooting inconfortables.
À l’inverse, le fait de pratiquer la photographie me permet de penser à autre chose que l’escrime, me permettant de souffler, de relativiser les défaites subies tout en engrangeant de la confiance quand je réussis des choses en photo. Cette fraîcheur d’esprit et cette confiance, je les reverse ensuite dans ma pratique de l’escrime, me permettant d’être plus performant, car j’évite la lassitude et la fatigue mentale.
Prendre des photos en compétition me permet également de retarder l’arrivée du stress et d’économiser de l’énergie mentale.
4. Comment décririez-vous votre travail de photographe ? Qu’est-ce qui fait qu’on reconnaît votre univers au premier regard ?
Enzo : Mon travail photographique est très axé sur la couleur, les textures et la composition. C’est toujours compliqué de parler de son travail. Je dirais que mon travail est reconnaissable par les lignes architecturales qui composent mes images ainsi que par la douceur des couleurs propres à l’argentique et notamment au moyen format.
5. Si vous deviez faire découvrir votre travail de photographe à quelqu'un qui ne le connaît pas encore à travers une seule de vos photos, laquelle ce serait et pourquoi ?
Enzo : Je pense que ça serait celle ci. Elle représente bien mon travail de composition. Mais je l’aime particulièrement car c’est un moment fugace, qui n’a existé que pendant une fraction de seconde. J’étais dans un taxi à Shanghai, et j’ai essayé de capturer le plus rapidement possible l’attitude de ce passant fumant sa cigarette, en me servant de la fenêtre de mon taxi comme d’un cadre dans le cadre.
6. Qu’est ce qui vous inspire ? Où allez-vous chercher vos idées ?
Enzo : Ce qui m’inspire le plus en photo c’est l’architecture, l’art plastique, la peinture et la mode. Je m’inspire énormément de tout ce qui m’entoure. Ça va paraître un peu cheesy, mais j’ai la chance d’habiter à Paris, ville où il se passe tout le temps énormément de choses mais où le beau est omniprésent.
Avant de pratiquer la photographie, quand je me déplaçais, j’allais d’un point A à un point B sans me soucier de l’environnement autour de moi.
Maintenant, je prête à tout ce qui m’entoure. L’architecture, les détritus dans la rue, les encombrants jonchés sur le trottoir, le style vestimentaire des passants, les magasins… Absolument tout pour moi est source d’inspiration.
7. Quels sont les artistes que vous aimez ? Qui vous touchent ? Pourquoi ?
Enzo : Martin Parr, Ren Hang, John Divola, Henri Matisse, George Condo, Hajime Sorayama. Sans pour autant rattacher à des artistes en particulier, ce que j’aime c’est le travail sur la couleur, l’humour, les compositions inattendues, le travail sur la matière, le travail sur les volumes, la poésie… Et en fait si, on peut les relier aux artistes !
8. Pour finir, quelles sont vos dernières actualités ? Vos projets à venir ?
Enzo : J’ai récemment co-réalisé le documentaire FÒS : Chroniques de l’escrime guadeloupéenne avec Félix Magal et Vincent Lorca, actuellement disponible sur la plateforme France.tv. Je travaille également sur un magazine sport-culture qui sortira début juin, ainsi que sur un autre projet éditorial prévu pour la fin du mois de septembre.
En parallèle, je développe depuis plus de trois ans une série photographique très personnelle. C’est à ce jour mon travail le plus ambitieux, que j’aimerais pouvoir exposer dans un musée institutionnel et décliner sous forme d’édition. Enfin, je m’entraîne intensément chaque jour en vue des Jeux Olympiques de 2028 à Los Angeles.
Photographie . 40 x 60 cm Photographie . 15.7 x 23.6 inch
1 500 €
Photographie . 90 x 60 x 0.1 cm Photographie . 35.4 x 23.6 x 0 inch
2 310 €
Photographie . 32 x 21.7 x 0.5 cm Photographie . 12.6 x 8.5 x 0.2 inch
110 €
Choisissez vos préférences
Le meilleur
de l'art en ligne
CONNEXION - INSCRIPTION
Mot de passe oublié ?
Pas d’inquiétude, entrez votre adresse email et vous recevrez un mail pour réinitialiser votre mot de passe.
RetourTéléchargez une image et découvrez des œuvres similaires disponibles sur Artsper