Mosimann : DJ et producteur franco-suisse

MOSIMANN est considéré comme l'un des meilleurs DJ producers au monde. Il a imaginé le concept viral “Dream Track”, où il compose le titre rêvé de célébrités comme Rita Ora, Alain Chabat ou Ariana Grande. Depuis 2025, il présente chaque semaine cette chronique sur France Inter.

Mosimann : DJ et producteur franco-suisse



1. Quel a été ton premier contact avec l'art ?


Mosimann : Je crois que c'est mon arrivée à Paris, dans les années 2000, et la découverte des graffitis. À cette époque, on commençait tout doucement à arrêter de faire la guerre aux street artists, à leur laisser enfin des murs.



C'est là que j'ai découvert tous ces artistes qui, aujourd'hui, sont devenus des stars, mais qui ont commencé dans le dur, comme Jo Di Bona ou Onemizer, des gars qui "tapaient" des trains à l'époque. Voir que le street art est devenu aujourd'hui un art à part entière, reconnu, je trouve ça beau.

« J’aime les choses simples, celles qui ont parfois plus de profondeur qu’elles n’en ont l’air. Le street art, c’est justement faire confiance à une émotion, à un instant. »

2. Combien d'œuvres d'art penses-tu avoir aujourd'hui, et achètes-tu plutôt par coup de cœur ou dans une logique d'investissement ?


Mosimann : Je ne sais pas exactement combien j'en ai, mais ce ne sont pas des œuvres nécessairement hors de prix. Ce sont vraiment des coups de cœur. Par exemple l'Atlas exposé là-haut, c'est une sculpture dont il y a eu très peu de séries. Je trouvais intéressant qu'Atlas se projette dans quelque chose qui n'était pas sa technique habituelle, pas sa manière d'aborder l'art.


Selon moi, il faut un certain budget pour investir dans l'art, et je n'en suis pas encore là donc je suis clairement dans une logique de coup de cœur.



Parfois j'ai des coups de cœur pour des œuvres dont le prix est hors de ma portée, mais ça ne m'empêche pas de me projeter. Je vais sur le site d'Artsper, je prends la photo de l'œuvre, je l'imprime, je la mets dans mon tableau de visualisation et je me dis qu'un jour je réussirai assez pour me permettre un Keith Haring, ou autre chose.

Mais le coup de cœur prime toujours sur l'investissement. La preuve : j'ai une PLV dans mon studio que j'ai demandée à Radio France, parce que je trouve cette œuvre complètement dingue. C'est la PLV du timbre réalisé par l'artiste Ugo Gattoni pour les 50 ans de Radio France.


Si une œuvre me procure quelque chose, je me dis qu'il me la faut. Je m'attache beaucoup aux histoires, à ce qu'il y a derrière l'artiste. Hopare, par exemple, c'est un de ceux qui me touchent le plus aujourd'hui.


Regarder une œuvre, c'est aussi se projeter dedans, et on y projette des choses très différentes selon sa personnalité.

3. Quels artistes t'impressionnent le plus ?


Mosimann : Keith Haring et Shepard Fairey.

Keith Haring a laissé un héritage immense, parfois j'ai l'impression que ses héritiers en font un peu trop et moi qui suis hyper touché par son travail, je culpabilise de participer à ça en achetant les produits dérivés. J'ai des vêtements, des figurines, etc. mais tout ça, c'est surtout pour me projeter vers le jour où je pourrai m'offrir une vraie œuvre de lui.


Avec Shepard Fairey, ce qui me plaît, c'est la cause qu'il défend, et ce qu'il a mis dans la marque de vêtements qu'il a créée ensuite, Obey. Il fait partie de ces artistes engagés qui m'inspirent dans ma créativité et qui me permettent de voir les choses différemment.

4. Ton studio a-t-il été décoré par un artiste que tu apprécies particulièrement ? Comment ça s'est passé ?


Mosimann : Il y a dix ans, j'avais posté un message sur Facebook pour chercher un street artiste qui puisse décorer le studio. Il m'a écrit, on a fait un rendez-vous.


Ça a tellement matché que c'est finalement le seul rendez-vous qu'on a fait, on n'a rencontré aucun autre artiste.

Jo Di Bona il avait l'habitude de peindre sur des murs immenses et il s'est retrouvé à travailler dans un lieu clos.


Je trouve ça intéressant quand un artiste se projette dans quelque chose qui n'est pas sa technique habituelle, pas sa manière d'aborder l'art. Ça n'a pas été facile pour lui, il a mis 15 jours à réaliser cette œuvre.


Quand je vois le résultat aujourd'hui, je suis très content. C'est mon bureau, j'y suis tout le temps. Quand je traverse le couloir imaginé par Jo Di Bona qui mène à mon studio, j'ai l'impression d'être dans un sas de créativité, d'inspiration.


Il y a plein de références à des choses avec lesquelles j'ai grandi, des DJ, des films, il y a plein de rêves un peu pop. Je passe par là et je me dis "ok qu'est-ce que je vais faire aujourd'hui ?". Et quand j'arrive dans le studio qui à l'inverse est un peu blanc, un peu épuré, ça me permet de me concentrer sur autre chose.

5. Si tu avais l’occasion de composer un duo artistique avec un artiste, mort ou vivant, ce serait qui ?


Mosimann : Je l'ai déjà fait avec mon artiste préféré, Jo Di Bona, dont je vous encourage à aller voir la vidéo sur son profil ou sur le mien, on a passé un très bon moment.


Sinon, avec Keith Haring, pour tout ce qu'il a défendu, pour ce qu'on connaît de son rapport à la musique, c'est une évidence.

6. Si tu ne devais garder qu'une seule œuvre, ce serait laquelle et pourquoi ?


Mosimann : Je garderais mon piano réalisé par Jo Di Bona. Il a une valeur sentimentale très forte, on l'a fait ensemble.


Et puis, quitte à ne garder qu'une seule œuvre, autant que ce soit celle qui me permette d'en créer d'autres.


7. Il y a une œuvre de Mr Brainwash dans ton studio qui a une histoire particulière : peux-tu nous la raconter ?


Mosimann : C'est un cadeau qui arrive directement des États-Unis, offert par Oli, de Big Flo et Oli. Ils sont allés rencontrer Mr Brainwash dans son atelier. J'ai vu leur story sur Instagram et j'ai dit à Oli : "c'est pas possible, t'es en train de vivre un de mes rêves." Il est revenu avec cette œuvre qu'il m'a offerte.


Elle me touche à chaque fois que je la regarde, parce que pour moi elle parle d'amitié. Et puis Mr Brainwash est un artiste exceptionnel, atypique. Avoir une lithographie signée de lui, ça me plaît énormément.

8. Y a-t-il des formes d'art qui ne te touchent pas du tout ?


Mosimann : Je ne peux pas dire que l'art abstrait ne me touche pas, mais je pense être encore trop jeune dans mon rapport à l'art pour réussir à l'apprécier pleinement.


Par exemple, j'ai énormément d'admiration pour Soulages, mais je ne pense pas être au stade de ma vie où je peux encore pleinement l'apprécier. Ça demande de la réflexion, du respect, et un vrai travail de recherche.

Je crois que le fait d'aimer autant le street art en dit long sur moi : j'aime les choses simples, qui ont parfois plus de profondeur qu'il n'y paraît.


Mais surtout, ça dit que je veux faire confiance à une émotion, à un instant. Et le street art, c'est exactement ça.


Sélection d'œuvres d'art

Peinture, Clean Area, Onemizer

Onemizer

Peinture . 62 x 41 cm Peinture . 24.4 x 16.1 inch

3 611 $US

Peinture, Banksy Thrower, Mr Brainwash

Mr Brainwash

Peinture . 92 x 92 x 0.1 cm Peinture . 36.2 x 36.2 x 0 inch

27 777 $US

Édition limitée, Flowarh$, Mr Brainwash

Mr Brainwash

Édition limitée . 61 x 61 x 5.1 cm Édition limitée . 24 x 24 x 2 inch

3 800 $US

Peinture, Krylon, Jo Di Bona

Jo Di Bona

Peinture . 100 x 100 x 2 cm Peinture . 39.4 x 39.4 x 0.8 inch

9 058 $US

Peinture, Small mona I, Jo Di Bona

Jo Di Bona

Peinture . 20 x 20 x 5 cm Peinture . 7.9 x 7.9 x 2 inch

1 208 $US

Peinture, Haring Dance, Onemizer

Onemizer

Peinture . 60 x 140 x 1 cm Peinture . 23.6 x 55.1 x 0.4 inch

10 265 $US

Peinture, John Coltran, Jo Di Bona

Jo Di Bona

Peinture . 50 x 65 x 1 cm Peinture . 19.7 x 25.6 x 0.4 inch

Prix sur demande

Peinture, Smile, Mr Brainwash

Mr Brainwash

Peinture . 56 x 76 x 0.2 cm Peinture . 22 x 29.9 x 0.1 inch

9 662 $US

Peinture, In Out, Jo Di Bona

Jo Di Bona

Peinture . 88 x 63 x 4 cm Peinture . 34.6 x 24.8 x 1.6 inch

Prix sur demande